Entreprises et ménages : qui tire la croissance du crédit au Maroc ?

Fin 2025, l’encours du crédit au secteur non financier a frôlé le cap des 1 000 Mds de DH, affichant une progression robuste de 4,7%. Cette accélération s’est encore intensifiée au seuil de l’année 2026 pour atteindre un rythme de croissance de 5,3% en janvier. Au cœur de cette effervescence financière, deux moteurs majeurs dictent la tendance : les entreprises privées et les ménages. Si les premières affichent un appétit spectaculaire pour les crédits à l’équipement — signes d’une relance massive de l’investissement — et scellent le retour au vert de leurs facilités de trésorerie, les seconds maintiennent une trajectoire de consommation et d’accès à la propriété. C’est ce qui ressort des statistiques annoncées par BAM lors du conseil tenu ce 23 juin.
L’encours du crédit au secteur non financier s’est établi à 996,3 Mds de DH en décembre 2025. Cette évolution représente une progression de 4,7% par rapport à l’année précédente, contre une hausse de seulement 2,6% enregistrée en décembre 2024. Le rythme de croissance globale s’est encore accéléré en janvier 2026 pour atteindre un taux de 5,3%.
Cette dynamique globale est principalement tirée par les performances du crédit aux entreprises privées dont l’encours global culmine à 456,8 Mds de DH. Au sein de cette catégorie, les prêts à l’équipement se distinguent par une hausse remarquable de 13,9% en décembre 2025, une tendance haussière qui s’est renforcée en janvier 2026 avec une progression de 14,5% pour atteindre un encours de 142,8 Mds de DH.
Parallèlement, l’encours des crédits immobiliers de ces entreprises s’élève à 62,3 Mds de DH en décembre 2025. Pour leur part, les facilités de trésorerie ont enregistré une baisse de 4,0% en décembre 2024, de 2,9% en mars 2025, de 3,5% en juin 2025 et de 9,3% en septembre 2025. Ces facilités de trésorerie ont affiché une nouvelle contraction de 4,4% en décembre 2025 pour un encours de 168,2 Mds de DH.
Le crédit aux ménages affiche quant à lui un encours de 396,0 Mds de DH en décembre 2025. Dans le détail, l’encours des prêts aux particuliers s’élève à 341,2 Mds de DH. Les prêts à l’habitat progressent de manière régulière avec une hausse de 2,8% en décembre 2025 puis de 2,5% en janvier 2026, portant leur encours à 233,3 Mds de DH.
Les prêts à la consommation atteignent un encours de 60,3 Mds de DH, portés par une croissance de 4,9% en décembre 2025 et de 3,7% en janvier 2026. Concernant les autres agents économiques, le crédit bancaire global affiche une croissance de 4,4% en décembre 2024, de 5,1% en mars 2025, de 5,7% en juin 2025, de 4,5% en septembre 2025 et de 8,0% en décembre 2025, atteignant un rythme de 8,4% en janvier 2026 pour un encours global de 1 228,6 milliards de dirhams.

Les crédits aux entreprises publiques totalisent de leur côté un encours de 82,9 Mds de DH en décembre 2025.
Cette intensification de l’activité de financement s’est accompagnée d’une nette amélioration de la qualité des actifs des banques. Le ratio global des créances en souffrance est descendu à 8,0% en décembre 2025, alors qu’il s’élevait à 8,4% en décembre 2024, à 8,6% en mars 2025, à 8,8% en juin 2025 et à 8,6% en septembre 2025. Ce ratio s’est établi à 8,3% en janvier 2026.
L’analyse par segment montre que le taux de sinistralité des entreprises privées est passé de 12,6% en décembre 2024 à 13,1% en mars 2025, puis à 13,2% en juin 2025 et 13,1% en septembre 2025, avant de chuter à 12,4% en décembre 2025 et de remonter légèrement à 12,9% en janvier 2026.
De la même manière, le ratio des créances en souffrance des ménages a évolué de 10,4% en décembre 2024 à 10,6% en mars 2025, puis à 10,7% en juin 2025 et septembre 2025, et de s’établir à 10,7 % en janvier 2026. Enfin, le ratio spécifique aux entreprises publiques est ressorti à 12,9% en janvier 2026.

