Gaza : guerre par procuration

Il y a lieu de se réjouir de la trêve à Gaza après plus d’une année sanguinaire. Mais, ceux qui soufflent sur la braise, déversent leur haine par écrans interposés et se livrent une bataille par procuration, de quoi parle-t-on au juste ?
Imaginez un peuple qui chaque 5 à 10 ans subit ce genre d’offensives avec toutes les pertes humaines et matérielles, les départs sans retours, des familles détruites à tout jamais, des infrastructures rasées de la surface de la terre, des rescapés qui meurent de famine et gèlent sous les tentes dans des camps de fortune des mois durant…
Et vous avez ceux qui se targuent d’une victoire à Gaza, au chaud confortablement derrière leurs écrans, d’un côté comme de l’autre, alors qu’ils ne sont même pas partis du conflit, qu’ils n’ont pas souffert dans leur chair… On peut être en colère bien que soulagés après le feuilleton sanglant que nous avons vécu, mais on peut être également soulagé, mais de là à crier victoire, c’est déshumaniser les Palestiniens, les réduire à des chiffres, à une chair à canon. plus de 46.000 morts et 110.000 blessés, sans compter les disparus et ces victimes qui ne figurent nulle part.
De grandes puissances se livrent cette guerre asymétrique, d’ailleurs aux allures d’une offensive plus qu’autre chose, et c’est le peuple palestinien qui trinque. De quelle victoire parle-t-on ? Des milliers de martyrs, l’horreur dans toute sa cruauté, des quartiers effacés de la surface de la terre, des déportés, des familles détruites, des médecins et journalistes tués dans l’exercice de leur fonction à Gaza, le droit international baffoué, des organismes internationaux avérés inutiles, l’échec cuisant du processus de paix… un traumatisme pour tous ceux qui ont une once d’humanité.
Avec les nouvelles technologies, et alors que la guerre sur le terrain s’arrête, la guerre hybride elle se poursuit. Si cela ne leur coûte rien à ces « soldats virtuels », la population de Gaza le paie de son sang et de ses terres.
Ce n’est pas à tort que Neville Chamberlain disait que « dans une guerre, quel que soit le camp qui puisse se déclarer vainqueur, il n’a pas de gagnants, il n’y a que des perdants ».
Le seul enseignement à tirer de cette affaire est que quoi que vous pensiez être une puissance militaire, vous ne plierez jamais la volonté et la détermination d’un peuple à défendre son territoire.
Et la seule chose dont on peut se réjouir est que cette trêve se poursuive, que des vies soient épargnées jusqu’à l’aboutissement du processus de paix final avec deux États pour mettre fin à un conflit qui va boucler un siècle d’armes et de sang. Autrement, c’est nourrir la folie des uns par la haine des autres dans un cycle infernal dont ni vous ni moi ne paierons le tribut.

