Horizon 2027 : comment la Coupe d’Afrique et Nador West Med dopent déjà les profits cotés

L’analyse des agrégats prévisionnels des sociétés cotées à la Bourse de Casablanca met en évidence une trajectoire de croissance robuste pour les deux prochaines années. Portée par les chantiers d’infrastructure nationaux, l’envolée des métaux et la consolidation sectorielle, la capacité bénéficiaire globale s’apprête à franchir de nouveaux paliers, malgré le contrecoup attendu sur le segment des télécoms.
2026 : Le bloc Mines-Banques en puissant moteur de croissance
L’exercice 2026 s’annonce particulièrement faste pour la capacité bénéficiaire des entreprises cotées. En tête de peloton, le secteur minier s’impose comme le premier contributeur à cette dynamique, générant à lui seul 48,1% de la hausse attendue. Cette performance exceptionnelle repose sur un triptyque solide : l’effet année pleine du déploiement de projets structurants majeurs, un cycle de prix hautement favorable sur le marché des métaux précieux, ainsi que des gains non récurrents issus d’opérations stratégiques de cession d’actifs.
Juste derrière, le secteur bancaire confirme son rôle de pilier de la place casablancaise en captant 42,5% de la contribution positive. Les banques tirent profit d’une orientation très favorable de leur Produit Net Bancaire (PNB), combinée à une discipline rigoureuse dans la gestion des charges opérationnelles et à un coût du risque rigoureusement maîtrisé.
Le paysage financier sera également marqué par le secteur des assurances (12,1%), dont la croissance intègrera l’effet de périmètre majeur lié à la fusion-absorption d’Allianz Maroc par Sanlam Maroc, prévue pour juillet 2026. Enfin, le BTP complète ce tableau positif en injectant 11,4% à la dynamique globale.
L’ exception des télécoms
À l’inverse de cette euphorie généralisée, le secteur des télécommunications affichera une contribution négative substantielle, estimée à -1,4 Md de DH. Un repli technique qui s’explique exclusivement par un effet de base défavorable, lié à la non-récurrence de la rétrocession exceptionnelle de 1,3 Md de DH enregistrée lors du dénouement du litige IAM/Wana.
2027 : Le BTP et le Transport prennent le relais des Mines
À l’horizon 2027, la physionomie des moteurs de croissance évolue, bien que le secteur bancaire conserve son leadership. Les banques devraient continuer de tirer la capacité bénéficiaire vers le haut avec une contribution de 40,2%, capitalisant sur une dynamique commerciale qui ne faiblit pas.
Le relais de croissance est magistralement assuré par le BTP (23,6%) et le Transport (10,1%) :
- BTP: Les entreprises du secteur profitent d’un coup d’accélérateur massif sur les grands chantiers nationaux, à l’approche des grandes échéances sportives et économiques du Royaume.
- Transport: Porté par le fleuron national Marsa Maroc, le secteur va bénéficier de flux logistiques portuaires très denses, catalysés notamment par la mise en service progressive du nouveau complexe portuaire stratégique de Nador West Med.
Focus Industries : Un chiffre d’affaires en hausse de 16% porté par des géants résilients
Sur le front industriel, l’activité tourne à plein régime. Les revenus globaux des industries cotées devraient s’apprécier de +16,0% en glissement annuel (y-o-y) pour atteindre 246,2 Mds de DH à fin 2026. Cette performance est tirée par trois grandes locomotives :
- Managem: Le groupe minier récolte les fruits de sa stratégie de diversification et d’expansion avec l’entrée en production des projets d’envergure Boto (or) et Tizert (cuivre). À cela s’ajoutent des cours de métaux précieux au plus haut et le développement hautement stratégique du projet gazier de Tendrara, qui offre un nouveau relais de croissance énergétique majeur au groupe.
- SGTM: Le champion du BTP s’appuie sur un carnet de commandes historiquement solide, directement alimenté par l’exécution accélérée des infrastructures d’envergure nationale (autoroutes, barrages, ports).
- LabelVie: Le leader de la grande distribution moderne poursuit sa trajectoire ascendante. Le groupe consolide ses positions grâce à l’extension continue de son réseau de magasins (Carrefour, Atacadão), à la pertinence de ses formats discount face à la sensibilité des ménages au pouvoir d’achat, et à l’optimisation de son outil logistique.
Au final, la place de Casablanca démontre sa forte capacité de résilience et de transformation. Le profil de croissance des bénéfices prévus sur 2026-2027 confirme que l’économie marocaine, à travers ses grandes valeurs cotées, bascule pleinement dans une phase de concrétisation de ses grands chantiers d’avenir. (Avec BKGR)

