Hydrogène vert : la plateforme Green H2A va démarrer à partir de janvier 2025 (Samir Rachidi)

Interviewé par Soubha Es-Siari I
Outre les études de faisabilité menées par l’IRESEN en matière d’hydrogène vert, l’Institut de Recherche en Énergie Solaire et Énergies Nouvelles travaille sur un projet de plateforme jumelle à celle de l’OCP ( Green energy park) élaborée avec le soutien de l’OCP et UM6P. Le leitmotiv est d’élaborer une plateforme identique sur l’hydrogène vert, ses applications au niveau de Jorf Lasfar. Elle va ainsi recevoir les projets pilotes à l’échelle industrielle pour identifier les complexités, faire le suivi de la maturité technologique en particulier celle de l’électrolyse. Les détails avec Samir Rachidi, Directeur Général de l’IRESEN.
EcoActu.ma : Quelle appréciation faites-vous de cette 4e édition du World Power-to-X Summit, comment se démarque-t-elle des précédentes éditions et quelles sont les principales attentes ?
Samir Rachidi : Nous avons inauguré la 4e édition du World Power-to-X Summit. C’est la 2e édition qui a reçu le patronage de Sa Majesté le Roi. Nous avons également assisté à une présence forte du gouvernement marocain soit quatre ministres qui représentent la chaîne de valeur de l’hdrogène vert (énergie, industrie, emploi et transport). Aussi cette édition revêt un intérêt croissant par rapport aux dernières éditions. Cette année, nous sommes à 1.700 participants. Ce qui dénote de l’attention que portent les opérateurs notamment internationaux au Maroc. Cette édition connait par ailleurs la participation de 36 pays. Sans oublier bien entendu qu’elle se tient après l’annonce de l’offre Maroc de l’hydrogène vert, soit en mars 2024.
Le Marc n’étant pas le seul pays à souhaiter produire de l’hydrogène vert. D’autres pays sont même en avance. Quelles sont les caractéristiques dont jouit l’offre Maroc et qui aux yeux des investisseurs peuvent faire la différence par rapport à ces pays ?
Tout ce que nous pouvons dire, c’est que l’offre Maroc est pragmatique et intelligemment conçue dans la mesure où elle permet aux développeurs une visibilité sur les engagements de l’Etat, sur le foncier, sur les infrastructures. Elle leur permet de développer leurs projets de manière transparente et appuyés sur le foncier.
L’offre Maroc met également en avant le potentiel marocain du tissu industriel par rapport à ce qui est fait en matière d’innovation et de recherche & développement pour renforcer l’impact économique local de la production de l’hydrogène vert sur l’économie marocaine.
Lors de la présente édition, avez-vous constaté une manifestation d’intérêt de la part des opérateurs étrangers ?
Même avant le sommet, il y a quelques années déjà, nous avons remarqué l’intérêt des opérateurs étrangers. Depuis 2017, 2018, nous avons discuté avec des opérateurs pionniers en la matière.
Est-ce qu’il y a du concret ?
Sur le plan international, il y a des projets qui commencent à sortir de terre. Des gigaa projets non, il y en a deux au monde. Un en l’Arabie Saoudite, le projet de Néom. Un autre au Maroc à savoir celui de l’OCP.
Donc par rapport au Maroc, il y a du concret par rapport au projet de l’OCP en termes de giga projets. Aussi, il y a des projets de l’ordre de 10, 20, 100 mégawaths développés en Allemagne, aux USA, en Australie. Ça commence à venir. Nous commençons à demander aux Etats de s’engager sur du premium, sur des mécanismes de financement, de subventions…, une taxe carbone bref un moyen pour démarrer ce marché. C’est pour cela que nous demandons à l’Etat des mécanismes de financement pour qu’il y ait de la demande. Parce que s’il n’y a pas de demande, il n’y aura pas d’offre.
Votre rôle dans le développement de l’hydrogène vert au Maroc ?
Depuis 2017, l’IRESEN a commencé à collecter des signaux faibles de la part de notre réseau international, les prémices de développement et nous avons très vite engagé des études de préfaisabilité, de faisabilité avec nos partenaires à l’international pour démontrer le potentiel économique et social de l’impact du développement de l’hydrogène vert sur l’économie marocaine. Par la suite, nous nous sommes engagés de manière volontariste et on a pris un peu le devant sur la feuille de route sortie en 2021 grâce à l’écoute de l’ensemble de l’écosystème. Un an après soit en 2022, Sa Majeté le Roi a donné les principales orientations de cette feuille de route.
En parallèle, nous ne sommes pas restés uniquement sur le niveau des études mais nous travaillons sur un projet de plateforme jumelle à celle de l’OCP ( Green energy park) élaborée avec le soutien de l’OCP et UM6P. Le but étant d’élaborer une plateforme identique sur l’hyrogène vert, ses applications au niveau de Jorf Lasfar. Il s’agit de Green H2A qui va démarrer à partir de janvier 2025. Elle va recevoir les projets pilotes à l’échelle industrielle pour identifier les complexités, faire le suivi de la maturité technologique de projets de l’hydrogène vert en particulier celle de l’électrolyse.
Un autre projet sera opérationnel en 2027 est la production de l’éthanol vert, un autre carburant de futur qui va servir à décarboner principalement le secteur du maritime.
En termes termes d’investissements, où en est le Maroc actuellement notamment en ce qui concerne les infrastructures ?
De prime abord, il faut savoir que les investissements en hydrogène vert sont massifs. On parle de 5 à 10 Milliards de dollars par projet, bien entendu, à terme étant donné que les projets seront programmés en phases. D’où l’importance de l’effort à fournir par les bailleurs de fonds parce qu’aucun opérateur ne pourrait prendre seul le risque. Il faut par ailleurs encourager le secteur bancaire marocain à s’engager progressivement dans des petits projets mais qui par la suite vont grandir dans le futur.
Une idée sur le retour sur investissement dans des investissements comme ceux de l’hydrogène vert ?
En fait cela dépend du prix, de la demande… Mais tout ce que je peux dire, d’après les discussions avec les développeurs, c’est que si le retour sur investissement dans les projets d’énergies renouvelables sont de 20 à 25 ans, dans l’hydrogène vert, ils seraient de 40 à 50 ans.
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