Les bourses mondiales prudentes avant l’inflation américaine

Les Bourses européennes ont ouvert prudemment vendredi, après la clôture en nette baisse de Wall Street la veille, où les doutes concernant l’intelligence artificielle ont refait surface, et en attendant la publication des chiffres sur l’inflation américaine en janvier.
Dans les premiers échanges, vers 08H10 GMT, Paris perdait 0,30%, tandis que Francfort (+0,12%) et Londres (+0,29%) étaient en légère hausse. De son côté, Milan reculait de 0,20%.
En Asie, à la clôture, les principaux indices ont tous connu une nette baisse: à la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,21%, à 56.941,97 points, et l’indice élargi Topix en baisse de 1,63%, à 3.818,85 points. La Bourse de Séoul a lâché 0,28%, Sydney 1,39% et l’indice hongkongais, encore ouvert, perdait 1,96% vers 06H30 GMT.
Les Bourses asiatiques ont, comme les Bourses américaines la veille, été minées par les valeurs de la tech. « Les doutes autour de l’intelligence artificielle ont refait surface », note John Plassard, analyste de Cité Gestion Private Bank.
En effet, à New York, les principaux indices américains ont effacé leurs gains initiaux pour terminer nettement dans le rouge, sous l’effet d’un retour brutal des doutes sur le secteur technologique et sur la solidité du cycle lié à l’intelligence artificielle », ajoute le même analyste.
Le Dow Jones a perdu 1,34%, l’indice Nasdaq – à forte coloration technologique – a reculé de 2,03% et l’indice élargi S&P 500 a cédé 1,57%.
« Contrairement à certaines séances récentes, le mouvement a été généralisé, les investisseurs prenant en compte les bouleversements induits par l’IA dans divers secteurs », indique vendredi la Deutsch Bank dans une note.
« Après avoir fragilisé les valeurs de logiciels, de l’immobilier puis les financières, la défiance (autour de l’IA, ndlr) s’étend désormais au secteur de la logistique, nouvelle cible des inquiétudes liées à l’automatisation et à la remise en cause des modèles traditionnels », explique John Plassard.
Pour Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote Bank, cette baisse des valeurs technologiques « ressemble fort à un début de correction », qui pourrait se poursuivre: « Un repli de 10 à 20% du Nasdaq, par exemple, serait possible – et même salutaire – après trois années de hausse quasi ininterrompue ».
Principal « catalyseur » du jour selon John Plassard, l’indice des prix à la consommation (CPI) aux Etats-Unis pour le mois de janvier, attendu à 13H30 GMT, sera particulièrement scruté pour anticiper la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed), et une éventuelle baisse de ses taux directeurs.
« Si l’inflation se calme, la Fed sera mieux placée pour baisser les taux et soulager une économie fragilisée par les inquiétudes liées à l’IA et aux pertes d’emplois potentielles », explique Ipek Ozkardeskaya.
Sur le marché obligataire, le rendement à dix ans des emprunts américains était en légère hausse, à 4,12%, contre 4,10% la veille.

