🎥 » Au delĂ des rĂ©formes structurelles, le Maroc s’engage sur leur soutenabilitĂ© et durabilitĂ©  » Benchâaboun

Ecrit par S.E. I
« Des rĂ©formes structurelles pour relancer la croissance Ă©conomique dans la rĂ©gion Mena » telle est la thĂ©matique sur laquelle se sont penchĂ©es d’éminentes personnalitĂ©s Ă l’occasion des AssemblĂ©es annuelles du FMI et de la Banque mondiale tenues Ă Marrakech. Le choix de la thĂ©matique n’est pas fortuit mais rĂ©sulte du fait que la rĂ©gion est confrontĂ©e Ă de multiples dĂ©fis pour ne citer que le chĂ´mage endĂ©mique des jeunes.
En vue de mener à bien les réformes structurelles, il est indispensable de se concentrer sur les synergies, abolir les difficultés à leur mise en œuvre. A cet effet, le dialogue avec les autorités s’avère plus que nécessaire pour que toute réforme ait un impact palpable en matière de croissance et de créations des débouchés de travail. D’après Jihad Azour directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale du Fonds monétaire international (FMI), la création des emplois dans les années à venir passe certes par des politiques macroéconomiques de stabilisation mais également par des réformes structurelles.
Apprécier l’état des réformes structurelles dans la zone MENA d’une manière globale s’avère compliqué eu égard aux situations des pays très différenciées.
Pour certains pays, face Ă une crise politique sĂ©vère, il est difficile de parler des rĂ©formes structurelles et encore moins d’attractivitĂ© de l’investissement. Pour d’autres pays se trouvant dans une situation un peu confortable, il est plus aisĂ© d’attirer les investissements parce qu’il y a des rendements. Globalement, ce qu’il faut noter dans l’environnement dans lequel nous Ă©voluons aujourd’hui, c’est qu’au-delĂ des incertitudes, il y a deux contraintes majeures Ă savoir la dette et l’inflation. Elles sont venues compliquer toute la recherche de la croissance et de l’investissement dans un nombre important des pays de la rĂ©gion.
Ajoutons Ă cela qu’avec l’orthodoxie budgĂ©taire, il y a moins de ressources Ă©tatiques Ă mobiliser dans l’investissement nĂ©cessaire pour retrouver la croissance. L’inflation Ă son tour entraĂ®ne une hausse du coĂ»t de l’argent. Face Ă ce dilemme pour l’ensemble des Etats qui souhaitent relancer la croissance Ă©conomique, ces derniers doivent tenir compte des restrictions budgĂ©taires et forcer l’investissement. Le seul moyen pour s’en sortir est que l’investissement privĂ© prenne le dessus parce que nous ne pouvons plus avoir les marges budgĂ©taires d’avant.
Mohamed Benchâaboun, Directeur du Fonds d’investissement Mohammed VI  explique que pour le cas du Maroc, la relance de la croissance a Ă©tĂ© Ă©rigĂ©e en une prioritĂ© au lendemain de la crise sanitaire par SM le Roi Mohammed VI et ce en crĂ©ant des instruments financiers du moins un fonds souverain, le fonds Mohammed VI pour l’investissement, dont l’objectif principal est de relancer la croissance, de stimuler l’investissement en allant chercher  des capitaux privĂ©s.
Pour ce faire, il faut selon Mohamed Benchâaboun, que l’instrument soit crĂ©dible, dotĂ© d’une gouvernance exemplaire. De mĂŞme, il faut que le climat des affaires soit attractif. Le ministre cite les plans sectoriels dĂ©ployĂ©s au cours des dernières annĂ©es qui ont pu gĂ©nĂ©rer 400.000 emplois. « Lorsqu’il y a la confiance et une feuille de route bien faite, le secteur privĂ© suit »
Il rappelle par la même occasion qu’au-delà des réformes, le Maroc s’engage sur leur soutenabilité et leur durabilité. Il cite l’exemple du chantier de l’élargissement de la protection sociale qu’il faut non seulement lancer mais garantir sa durabilité dans le temps.
Pour Benchâaboun, ce qui semble important dans les rĂ©formes c’est plus la manière avec laquelle elles sont conduites. Il rappelle dans la foulĂ©e que le Maroc a fait le pari de non seulement d’Ă©laborer des lois quand il s’agit de rĂ©formes importantes mais de faire des lois-cadres, de programmation qui traversent les gouvernements qui sont appelĂ©s Ă respecter les engagements.
Le Maroc est en train de vivre des transitions Ă©conomique, Ă©nergĂ©tique, numĂ©rique… Naturellement des rĂ©formes structurelles ont Ă©tĂ© menĂ©es de par le passĂ© mais il faut un nouveau train de rĂ©formes pour assurer ces transitions. Toutes ces rĂ©formes sont en cours de prĂ©paration et seront annoncĂ©es incessamment par le gouvernement.
A son tour Mehdi Jomaa, ministre tunisien explique qu’il est important de passer par les rĂ©formes macroĂ©conomiques pour se permettre dans une vision globale de financer des rĂ©formes structurelles et sectorielles capables de crĂ©er de l’activitĂ© Ă©conomique et des richesses permettant d’avoir une politique sociale. « Dans le monde oĂą nous vivons aujourd’hui, il ne faut pas penser uniquement Ă©conomie mais Ă©galement social, inclusif et durable », tient-il Ă prĂ©ciser.
