Liquidité bancaire et taux d’intérêt : avril 2026 sous le signe de la baisse

Les taux débiteurs appliqués aux crédits au secteur non financier, relatifs au premier trimestre de 2026, font ressortir une baisse trimestrielle de 16 pb du taux moyen global à 4,66%. Par secteur institutionnel, les taux assortissant les crédits aux entreprises non financières se sont contractés de 18 pb à 4,54%, traduisant des replis de 59 pb à 4,36% pour les prêts à l’équipement, de 11 pb à 4,46% pour les facilités de trésorerie, et de 7 pb à 5,37% pour les crédits à la promotion immobilière.
En avril 2026, le besoin de liquidité bancaire s’est élevé à 139,7 Mds de DH en moyenne hebdomadaire, contre 144,5 Mds de DH un mois auparavant. Dans ce contexte, Bank Al-Maghrib a porté le volume global de ses injections à 159,8 Mds de DH, réparti entre 61,2 Mds de DH sous forme d’avances à 7 jours, 54,2 Mds de DH au titre des opérations de pension livrée à 1 et 3 mois et 42,8 Mds de DH destinés au refinancement via les prêts garantis à long terme. Au niveau du marché interbancaire, le volume quotidien moyen des échanges s’est établi à 2,2 Mds de DH et le taux moyen pondéré à 2,25%.
Sur le marché des bons du Trésor, les taux ont affiché des évolutions contrastées. Ainsi, sur le compartiment primaire, ils ont connu des baisses pour les maturités de 52 semaines et de 2 ans et une hausse pour celle de 5 ans. Sur le marché secondaire, ils ont affiché des augmentations pour les maturités de long terme et de légers replis pour celles des court et moyen termes.
Quant aux taux créditeurs appliqués aux dépôts bancaires, ils ont enregistré en mars un accroissement mensuel de 4 points de base (pb) à 2,21% pour ceux à 6 mois et une contraction de 12 pb à 2,73% pour ceux à un an.
Par ailleurs, les résultats de l’enquête de Bank Al-Maghrib auprès des banques sur les taux débiteurs appliqués aux crédits au secteur non financier, relatifs au premier trimestre de 2026, font ressortir une baisse trimestrielle de 16 pb du taux moyen global à 4,66%. Par secteur institutionnel, les taux assortissant les crédits aux entreprises non financières se sont contractés de 18 pb à 4,54%, traduisant des replis de 59 pb à 4,36% pour les prêts à l’équipement, de 11 pb à 4,46% pour les facilités de trésorerie, et de 7 pb à 5,37% pour les crédits à la promotion immobilière.
Par taille d’entreprises, les taux ont baissé de 19 pb à 4,55% pour les grandes entreprises et de 2 pb à 5,20% pour les TPME. De même, les taux assortissant les prêts aux entrepreneurs individuels ont reculé de 14 pb à 5,50%. Concernant les taux appliqués aux particuliers, ils ont augmenté de 5 pb à 5,74%, recouvrant une hausse de 2 pb à 7,21% pour les comptes débiteurs et crédits de trésorerie, une quasi-stabilité à 4,66% pour ceux à l’habitat et une baisse de 3 pb à 6,86% pour ceux à la consommation.
En ce qui concerne la masse monétaire, l’agrégat M3 est ressorti en hausse annuelle de 10% en mars 2026. Par principales composantes, les dépôts à vue auprès des banques se sont accrus de 10,5%, résultat des améliorations de 10,5% de ceux des ménages, de 11,8% de ceux des entreprises non financières privées, alors que ceux des entreprises non financières publiques ont accusé un repli de 3,2%.
Dans le même sens, la circulation fiduciaire a progressé de 17%, les titres d’OPCVM monétaires ont augmenté de 15,3% et les dépôts en devises ont connu une expansion de 22%. En revanche, les dépôts à terme se sont repliés de 0,2%, avec une baisse de 3,2% de ceux des ménages et des accroissements de 7,2% de ceux des entreprises non financières privées et de 56,3% de ceux du secteur public.
Pour ce qui est de l’évolution des contreparties de la masse monétaire en mars, le crédit bancaire a connu un accroissement annuel de 7,4% avec des hausses de 12,6% des prêts accordés au secteur financier et de 6,3% de ceux au secteur non financier. Les crédits aux entreprises non financières privées se sont accrus de 5,4%, résultat des progressions de 13,7% de ceux à l’équipement, de 6,2% de ceux à la promotion immobilière et de 1,1% des facilités de trésorerie. Pour les prêts aux ménages, ils ont augmenté de 3,4%, avec des accroissements de 2,9% de ceux à l’habitat et de 3,9% de ceux à la consommation.
Quant aux concours aux entreprises publiques, ils ont enregistré une hausse de 4%, reflétant une augmentation de 17,7% des prêts à l’équipement et une baisse de 10,9% des facilités de trésorerie.
Concernant les créances en souffrance, leur encours s’est accru de 2,6%, avec des progressions de 1,4% pour les entreprises non financières privées et de 4,5% pour les ménages. Leur ratio à l’encours du crédit bancaire s’est situé à 8,2% globalement, à 12,6% pour les entreprises non financières privées et à 10,8% pour les ménages.
Par branche d’activité, les données relatives au premier trimestre de 2026 font ressortir des accroissements annuels des prêts accordés aux entreprises de 11,2% pour le secteur des « Bâtiment et travaux publics », de 6,5% pour la branche « Commerce, réparations automobiles et d’articles domestiques » et de 30,9% pour le secteur des « Industries chimiques et para chimiques ». A l’inverse, les crédits aux entreprises se sont contractés de 21,9% pour les « Transports et communications », de 13,3% pour les « Industries extractives » et de 6,8% pour les « Industries manufacturières diverses ».
Pour ce qui est des prêts octroyés par les sociétés financières autres que les banques au secteur non financier, ils se sont accrus de 16,3% au premier trimestre de 2026. Cette évolution reflète des progressions de 14,4% des crédits accordés par les sociétés de financement, de 27,1% des concours distribués par les banques offshore et de 7% des prêts alloués par les associations de micro-crédit.
Pour leur part, les avoirs officiels de réserve se sont renforcés de 23,4% à 457,8 Mds de DH à fin mars 2026, soit l’équivalent de 5 mois et 19 jours d’importations de biens et services.
S’agissant des créances nettes sur l’administration centrale, elles se sont accrues de 3,1% en mars, résultat notamment de la hausse de 7,2% des détentions des banques en bons du Trésor et de la diminution de 13,6% de celles des OPCVM monétaires.
Quant aux agrégats de placements liquides, ils ont progressé de 2,1%, recouvrant des augmentations des encours de 8,8% pour les titres d’OPCVM actions et diversifiés et de 6,5% pour les titres d’OPCVM obligataires ainsi qu’une diminution de 4,3% pour les bons du Trésor.
