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Economie

Marchés publics : stop au non respect des cahiers des charges

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Ecrit par Lamiae Boumahrou I

A quelques mois de la CAN 2025 et à 5 ans de la Coupe du Monde 2030, le Maroc se prépare pour être au rendez-vous de ces 2 évènements sportifs de grande envergure.

Du coup, les autorités locales se sont retroussées les manches. Ainsi plusieurs chantiers structurants sont lancés dans différentes villes du Royaume. Une aubaine pour les entreprises du BTP qui ne risquent pas de chômer ces 5 prochaines années.

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Mais si la mobilisation de tous les acteurs est fortement saluée pour atteindre les objectifs et faire de ces événements de véritables catalyseurs et accélérateurs de développement, il ne faut surtout pas refaire les mêmes erreurs du passé. Référence faite à la qualité des travaux exécutés dans le cadre des marchés publics.

Contrôle-t-on réellement l’exécution des marchés publics avant livraison ? Une question légitime sachant que ce sont des milliards de DH de deniers publics en jeu. Faut-il rappeler que le montant global des programmes prévisionnels des marchés de bâtiment et des travaux publics au titre de l’année 2025 s’élève à environ 70 Mds de DH en 2025 en hausse de 5 Mds de DH par rapport à 2024. Un budget réparti sur les secteurs de l’eau (12 Mds de DH), des routes et autoroutes (environ 24,35 Mds de DH), des ports (4,22 Mds de DH) et des équipements publics (29,6 Mds de DH). Et les budgets seront d’autant plus importants les 5 prochaines années. D’où l’impératif de veiller à la bonne exécution des cahiers des charges pour garantir la qualité, la maîtrise des coûts et la conformité juridique.

En effet, la question de la qualité des travaux exécutés devrait figurer parmi les priorités des maitres d’ouvrage. Il faut être intransigeant en matière de contrôle du respect des cahiers des charges par les différentes entreprises qui remportent lesdits marchés.

Malheureusement, malgré les défis qui nous attendent à relever et malgré nos inspirations d’intégrer le cercle fermé des pays émergents, nous continuons encore de constater, en 2025, des travaux bâclés, mal finis et qui ne reflètent pas le Maroc que nous projetons. La dernière polémique autour du raté des travaux d’aménagement de l’emblématique place Faro, plus connue par place Sour Al Maâgazine à Tanger, remet sur la scène la problématique de la qualité de l’exécution des marchés publics et de la commande publique.

Pour le cas de Tanger par exemple, à quelques jours de la fête de Aid Al Adha, la ville semblait à un véritable chantier à ciel ouvert. Des travaux lancés en même temps dans les différents coins de la ville et des dizaines d’ouvriers mobilisés jour et nuit pour finir les travaux avant la veille de l’Aïd. Mais avec quelle qualité ?

Malheureusement, cette course contre la montre n’est pas sans conséquence sur la qualité des travaux réalisés. D’où la question qu’en est-il de l’article 159 du décret des marchés publics ?

Ledit article stipule que les contrôles et audits sont relatifs à :

  • la régularité des actes de procédure se rapportant à la préparation, à la passation et à l’exécution du marché ;
  • l’appréciation de la réalité ou de la matérialité des travaux exécutés, des fournitures livrées ou des services réalisés ;
  • l’appréciation des résultats obtenus au regard des objectifs assignés et des moyens mis en œuvre ;
  • l’appréciation du prix du marché au regard des prix pratiqués et l’évaluation du coût des prestations objet de ce marché ;
  • l’examen de l’opportunité des projets et des prestations réalisés dans le cadre du marché ;
  • la mise en place des dispositifs d’audit et de contrôle internes et l’implémentation de la cartographie des risques en matière de marchés publics.

Rappelons que le contrôle et l’audit prévus par le présent article sont obligatoires pour tout marché dont le montant excède trois millions (3.000.000) de dirhams toutes taxes comprises. Aussi le contrôle et l’audit sont obligatoires pour les marchés négociés dont le montant excède un million (1.000.000) de dirhams toutes taxes comprises.

Aujourd’hui le grand challenge est de garantir que tout ce qui sera fait durant cette phase soit fait dans les règles de l’art et qu’on ne soit pas obligé de refaire le même travail et de redébourser de l’argent du contribuable à cause du travail mal fait et bâclé.

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