OCP face au choc du soufre : une démonstration de résilience et performance de croissance

La période a été marquée par un écart inédit entre la hausse des coûts de production et l’évolution des prix de vente. Selon le Groupe, le prix du soufre a été multiplié par trois au cours du semestre, alors que les prix des engrais n’ont progressé que d’environ 20 %. Cette situation a pesé sur l’ensemble du secteur et contribué à une baisse d’environ 22 % des échanges mondiaux d’engrais phosphatés.
Le recul de la demande a touché plusieurs grands marchés importateurs. En Inde, le déstockage a freiné les achats, tandis que les importations ont également ralenti en Europe et en Afrique. Dans le même temps, plusieurs producteurs ont réduit leurs rythmes de production en raison de la hausse du coût des matières premières.
Dans ce contexte, OCP souligne avoir mieux résisté que le marché. Les expéditions marocaines d’engrais phosphatés ont reculé de 16 %, contre 22 % pour le marché mondial. La part du Maroc dans les échanges mondiaux est ainsi passée d’environ 28 % à 30 % au cours du semestre.
Cette résistance s’explique notamment par les caractéristiques du modèle du Groupe. OCP met en avant son intégration industrielle, de la mine à l’engrais, ainsi que son accès à plus des deux tiers des réserves mondiales de roche phosphatée. Le Groupe indique également avoir sécurisé ses approvisionnements en soufre avant l’accélération de la hausse des prix et avancé une partie de son programme de maintenance afin de préserver sa flexibilité opérationnelle pour le second semestre.
Le développement du TSP (Triple Super Phosphate) a également joué un rôle important. Cet engrais, qui consomme moins de soufre et ne nécessite pas d’ammoniac, représente désormais 35 % des volumes d’engrais exportés par le Groupe, contre 26 % un an auparavant. Une troisième ligne de production d’une capacité d’un million de tonnes est entrée en service en juillet à Jorf Lasfar.
Au-delà des engrais conventionnels, OCP poursuit le développement de ses activités de spécialité. Regroupées au sein de Specialty Products & Solutions (SPS), elles ont enregistré une progression de 26 % de leur chiffre d’affaires au premier semestre. Ces produits sont destinés notamment à l’agroalimentaire, à l’industrie et à la nutrition animale.
Le Groupe OCP a par ailleurs maintenu son programme d’investissement. Les dépenses d’investissement ont atteint 16,1 Mds de DH à fin juin. Si le calendrier de certains projets a été ajusté, les programmes liés au TSP, à l’eau, à l’énergie et au projet Mzinda-Meskala se poursuivent.
Sur le plan financier, la trésorerie disponible s’établissait à 32,7 Mds de DH à fin juin. OCP souligne également avoir conservé un accès important aux marchés de capitaux, avec notamment une émission hybride internationale de 1,5 milliard de dollars et une émission hybride de 5 Mds de DH sur le marché marocain.
Au terme de ce premier semestre, les résultats du Groupe traduisent surtout sa capacité à maintenir ses équilibres dans un contexte de marché particulièrement tendu. Alors que l’ensemble de la filière a subi les conséquences de la flambée du soufre et du ralentissement de la demande mondiale, OCP a préservé sa rentabilité tout en poursuivant ses investissements et le développement de ses activités à plus forte valeur ajoutée.
