Economie d’eau : quand Rabat fait mieux que les autres villes

Ecrit par Soubha Es-Siari I
Dans le cadre de la gestion du stress hydrique, le wali de la préfecture de Rabat oblige tout promoteur immobilier à intégrer dans son cahier de charges un troisième réseau des eaux réutilisées autres que ceux de l’eau potable et d’assainissement. Une initiative très louable que les autres villes doivent prendre comme exemple.
La problématique de l’eau est inquiétante, terrible, catastrophique… ce sont les mots utilisés récemment par le ministre de l’équipement Nizar Baraka. Lesdits mots ne sont pas fortuits mais attestent que l’heure est vraiment grave. Il faut dire que la situation ne date pas d’aujourd’hui, des signes avant-coureurs apparaissaient bien au cours des dernières années.
En 2001 (il y a 23 ans), le Roi Mohammed VI avait à juste titre adressé un discours au Conseil supérieur de l’eau et du climat où il exhorte à changer les habitudes de consommation, rationaliser la demande et déployer toutes les mesures nécessaires pour permettre au Maroc d’être à l’aise en matière de ressources en eau.
Aujourd’hui, face à la pénurie de cette ressource vitale qu’est l’eau, le Maroc n’a plus le choix. Depuis quelques semaines, le circulaires émanant des ministères de l’intérieur regorgent de mesures restrictives pour éviter le scénario catastrophe. Les différentes villes du Maroc sont désormais acculées à serrer la ceinture en matière de l’eau.
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En décortiquant les circulaires émises par les différentes villes, on remarque que la ville de Rabat s’est impliquée davantage face à cette menace de pénurie d’eau. Elle a à ce titre prévu, outre les mesures restrictives adoptées par les autres villes du royaume, l’installation d’un troisième réseau, autres que ceux de l’eau potable et de l’assainissement, dans tout projet immobilier. Il s’agit du réseau des eaux utilisées.
Cette nouvelle disposition se veut ainsi une première au Maroc : chaque promoteur immobilier est désormais obligé à intégrer dans son cahier de charge un troisième réseau qui va permettre la canalisation de l’eau retraitée par les stations de traitement. Cette eau retraitée va servir dans un premier temps à l’arrosage des espaces verts et par la suite à d’autres éventuels usages.
Une décision certes rationnelle est très louable dans un contexte marqué par la rareté des ressources hydriques mais qui n’est pas sans impact financier sur les promoteurs étant donné que les branchements et les travaux qui seront effectués à cet effet se traduiraient par des coûts supplémentaires.
Autrement dit, il s’agit de nouveaux investissements qui pourraient renchérir davantage le prix du foncier et, partant de là affecter le prix de l’immobilier. C’est donc le premier dommage collatéral de l’installation de ce troisième réseau pour endiguer ce déficit hydrique qui plane comme une épée de Damoclès.
Pour remédier un tant soit peu à la situation, il s’avère indispensable de prévoir au niveau des distributeurs et des Sociétés régionales multiservices SRM (dont deux projets de décret ont été adoptés lors du Conseil de gouvernement tenu le 1er février ) l’installation de ce troisième réseau dans le cahier de charges pour une meilleure réglementation et une tarification plus adéquate.
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