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Finances

Paiement : lancement d’une stratégie nationale fin 2024 ou début 2025

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Ecrit par Imane Bouhrara I

Réunir tout l’écosystème du paiement autour d’une feuille de route, c’est l’objectif du projet de stratégie nationale de paiement qui sera lancée incessamment par Bank Al-Maghrib. Détails.

La Banque centrale mène nombre de projets et d’actions qui visent à dynamiser le secteur du paiement au Maroc. Entre autres actions, le projet d’une stratégie nationale de paiement à l’instar de ce qui a été fait en faveur de l’inclusion financière en 2019 est sur le point d’être concrétisé.

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C’est ce qu’a annoncé Hakima el Alami, Directrice du département de Surveillance des systèmes et moyens de paiement & Inclusion financière, lors de la 3e édition du Digital Banking Forum, tenu ce 7 novembre à Casablanca.

Il y a lieu de rappeler qu’en 2023, Bank Al-Maghrib, en collaboration avec la Banque Mondiale, a fait ressortir un besoin important de mise en place d’une orientation politique forte et une stratégie claire pour réduire l’utilisation du cash et promouvoir les paiements électroniques, un renforcement du cadre juridique, à travers notamment le renforcement des réglementations de protection des consommateurs en matière des services de paiement pour apporter plus de clarté et de transparence sur le volet de la facturation par les fournisseurs de services ainsi que sur la surveillance des banques et des établissements de paiement liés à cette question, et une accélération des actions portant sur les aspects économiques pour l’acceptation des paiements électroniques.

Cette nouvelle stratégie nationale de paiement sera lancée fin 2024 ou début 2025, selon Hakima El Alami, vise à réunir l’ensemble des acteurs du secteur des paiements (Les établissements bancaires, les établissements de paiement, les IMF de paiement, les partenaires ministériels essentiels dans cette stratégie) autour d’une feuille de route claire et précise avec un certain nombre de piliers, des actions claires et concertées et des indicateurs de mesure du niveau d’atteinte des objectifs assignés.

Lors de cet évènement, organisé par Interworld Afric, Hakima El Alami a également dressé l’état des lieux de l’évolution de l’inclusion financière, notamment en matière d’accès, d’usage et de qualité.

On note ainsi une forte évolution des points d’accès aux services financiers avec la capillarité et grâce des établissements de paiement et agents de paiements en milieux urbain et rural.

En 2023, le nombre de points d’accès aux services financiers34 a enregistré une hausse de 10% passant ainsi à 34 735, contre 31 515 une année auparavant.

Cette évolution est principalement due à l’expansion du réseau des établissements de paiement, qui est passé de 24 511 agences en 2022 à 27 799 en 2023, progressant ainsi de 13%. Une hausse à laquelle le réseau GAB Cash-in Cash-out a contribué également avec une hausse de 9%, passant de 627 guichets automatiques en 2022 à 683 en 2023.

Ça se traduit également en nombre de comptes paiement, l’encours global des M-Wallets émis par les établissements ayant augmenté considérablement en 2023, passant de 7,7 millions à fin 2022 à 10,4 millions à fin 2023, grâce à une augmentation des souscriptions de près de 35%.

La part des M-wallets émis par les établissements de paiement a représenté 72% du total de l’encours des M-wallets, soit 7,4 millions de M-wallets à fin 2023 (contre 5,8 millions à fin 2022).

Sur la base des déclarations mensuelles reçues des établissements bancaires et des établissements de paiement, le nombre de transactions réalisées par M-Wallets courant l’année 2023, s’est établi à 9,7 millions contre 7,9 millions d’opérations en 2022, pour un montant total de 2,1 milliards contre 1,7 milliard en 2022, enregistrant ainsi une hausse de 23% en nombre et en valeur par rapport à 2022. Près de 85% du nombre des échanges a été effectué par des M-Wallets émis par des établissements de paiement, contre 15% par des M-Wallets adossés à des comptes bancaires. En valeur, 71% des transactions réalisées par les M-Wallets ont été enregistrées par des établissements de paiement, contre 29% par des banques, selon les données 2023 de BAM.

A noter que 20 offres M-Wallet sont présentes sur le marché dont 12 émises par des établissements de paiement.

En 2023, la structure des paiements en nombre a été dominée à hauteur de 45 % par les virements, 33% par les cartes (57% des opérations effectuées sans contact), 10 % par les avis de prélèvement alors que l’utilisation des chèques est passée de 41% en 2016 à seulement 6% en 2023.

Dans une moindre mesure, on retrouve le paiement mobile avec 2% et le virement instantané à 1,2% des paiements.

« Nous sommes en train de mettre en place une centrale de comptes de paiement à l’instar de celle pour les comptes bancaires et peut-être que l’année prochaine on pourra communiquer sur un nombre consolidé des détenteurs de comptes (bancaires et de paiement) », annonce Hakima El Alami expliquant qu’une telle centrale permet de fiabiliser et d’agréger les données pour avoir un taux de tenues de comptes global.

Sur l’usage, elle relève une pénétration améliorée de l’épargne formelle et l’évolution également du crédit bancaire même s’il y a encore de marge de progrès étant donné que le scoring du risque des populations populations les moins desservies par les services financiers demeure inconnu.

Dans ce sillage, BAM tend à faire évoluer la réforme de crédit bureau pour avoir d’autres sources d’évaluation et amélioration des connaissance de ce risque de crédit afin d’attirer ces populations en dehors du circuit bancaire.

« Ces efforts ont permis d’améliorer le paiement électronique, nous avons actuellement, le progrès annuel (40%) au Maroc on dépasse le progrès mondiale (13%) », soutient Hakima El Alami.

Elle s’attarde également sur les progrès réalisés aussi bien sur le virement instantané que pour les paiements sans contact.

Ainsi, l’usage de virement instantané a été soutenu depuis son lancement avec moyenne quotidienne de 35.180 transactions et une moyenne quotidienne en valeur de 135 MDH (contre 102 MDH en période de gratuité) et un montant unitaire par transaction de 3.640 DH. A l’avenir, BAM compte développement le paiement commerçant et l’acceptation basé sur le QR Code.

Mais d’autres défis se posent pour l’accès aux paiements, notamment dans le monde rural.

En effet, la couverture des zones rurales reste très limitée et les gammes de services offerts sont réduites au retrait notamment pour la réception des transferts ou aides gouvernemantaux.

Dans ce sens, BAM a coordonné avec le Groupe consultatif d’aide aux populations les plus pauvres (CGAP), dans le cadre d’un programme s’étalant sur 3 ans, une étude portant sur le développement des services financiers numériques (SFN) dans les zones rurales.

Dans ce sens, un diagnostic de la réglementation en vue d’étendre les réseaux d’agents de dépôts et de retrait dans les zones rurales (CICO) a été établi.

Les principaux résultats de cette étude sont en lien avec  le besoin d’innovation et d’amélioration des propositions de valeur par les établissements de paiement, l’interprétation du cadre réglementaire qui reste dans l’ensemble conservateur, de la part des établissements de paiement, pour éviter tout risque de non-conformité, et le manque de mise en place de modèles économiques viables pour les agents de paiement, notamment en milieu rural.

Dans ce sens, un assouplissement du cadre réglementaire a été introduit par la Banque, en particulier, pour les établissements de paiement, impactant positivement l’usage, notamment du paiement mobile, comme expliqué plus haut.

Par ailleurs, concernant les Comptes de paiement, une réflexion sur une révision des plafonds est en cours et devrait se faire par circulaire de la Banque centrale.

Il y a lieu de signer que BAM avait la transgression de la règle, à titre dérogatoire, afin que les montants des prestations sociales servies par la CNSS aux bénéficiaires sur des comptes de paiement, ne soient pas soumis à la règle de plafonnement desdits comptes (février 2023).

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