Hydrogène vert : le rejet de la saumure est-il un obstacle au dessalement de l’eau de mer ?

Interviewé par Soubha Es-Siari I
L’hydrogène vert est un projet très ambitieux que le Maroc souhaite développer. Toutefois, la production de l’hydrogène vert n’est pas exempte d’obstacles. Quid du Maroc ? Nous avons posé la question à Nabil Jedaira, Directeur du développement flexible génération Afrique du Nord-zone AMEA en marge du World Power-to-X Summit, co-organisé par IRESEN, le Cluster Green H2, l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) et MASEN, les 8 et 9 octobre courant à Marrakech.
EcoActu.ma : La production d’hydrogène vert repose en grande partie sur l’eau. Dans un contexte marqué par un déficit hydrique, le dessalement d’eau de mer entraîne le rejet de la saumure, qui peut avoir un impact sur l’écosystème en augmentant la salinité de l’eau. Quelles actions mettez-vous en place pour répondre à cette question ?
Nabil Jedaira : Chez ENGIE, nous ne considérons pas le rejet de saumure comme un obstacle, mais comme une opportunité d’innovation. Nous avons déjà intégré cette question dans nos études de projets et développons des solutions techniques avancées pour minimiser tout impact environnemental. Par exemple, nous optimisons la diffusion de la saumure et choisissons des emplacements stratégiques loin du rivage pour protéger les écosystèmes marins. En plus de cela, nous collaborons avec des partenaires industriels pour explorer des moyens de valoriser cette saumure, en la réutilisant dans des processus industriels, ce qui permettrait de transformer un potentiel défi en ressource.
En dehors du rejet de la saumure, quels sont les autres défis environnementaux liés au développement de l’hydrogène vert ?
ENGIE adopte une approche proactive et durable pour le développement de l’hydrogène vert. Au Maroc, le dessalement de l’eau de mer s’appuie sur des énergies renouvelables, ce qui en fait un véritable cercle vertueux. Prenons l’exemple du projet de Dakhla, où l’énergie éolienne alimente à 100% la station de dessalement, permettant ainsi la production d’eau pour l’agriculture et l’eau potable, tout en répondant aux besoins énergétiques de manière durable. Nous ne voyons donc pas ces défis comme des problèmes, mais comme des opportunités de démontrer notre engagement envers un avenir plus vert et plus résilient.
Dans un contexte marqué par le stress hydrique, le dessalement d’eau de mer est-il suffisant pour produire l’hydrogène vert, conformément aux objectifs du Maroc ?
Absolument, le dessalement d’eau de mer est une solution clé pour la production d’hydrogène vert dans le Sud du Maroc. ENGIE fait en sorte que chaque projet soit autonome en développant ses propres stations de dessalement, ce qui optimise les coûts tout en assurant un approvisionnement en eau fiable et durable. C’est une approche parfaitement alignée avec les ambitions du Maroc en matière d’hydrogène vert et d’énergies renouvelables.
