Budget 2026 : grogne sociale, des réajustements sont-ils nécessaires ?

Ecrit par Soubha Es-Siari I
A quelques jours de la présentation du Budget 2026 au Parlement, soit à la fin du mois d’octobre, des réajustements seront-ils opérés pour répondre aux revendications de la population outrée par le contraste entre les services publics et les projets d’infrastructure que connait le Maroc ? Nadia Fettah, ministre de l’économie et des finances, dans une récente interview accordée à Reuters, en marge des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque Mondiale, répond que des gains rapides seront réalloués à court terme, car les citoyens ne peuvent pas attendre que la réforme prenne effet.
En effet, il ressort que le Budget 2026 du Maroc se concentre sur le maintien d’une croissance prévue à 4,5 % et sur l’accélération des réformes. Les priorités incluent l’investissement dans l’éducation, la santé, l’emploi, ainsi que la modernisation de l’administration publique. Les mesures introduites sont-elles suffisantes pour répondre aux aspirations de la population ?
Autrement dit, suite à cette grogne sociale, le PLF 2026 dans sa dernière mouture est-il adéquat ou faut-il le réajuster et le calibrer pour répondre aux attentes de la population ?
L’enjeu est crucial dans la mesure où il est indispensable de trouver l’équilibre entre la croissance économique et la justice sociale et bien entendu le renforcement de l’Etat social.
A rappeler que ce projet de loi de finances marque la fin du règne du gouvernement Akhannouch qui au début de son mandat avait promis monts et merveilles, présentant un programme socio-économique qu’il devrait à terme boucler ou au moins une grande partie.
Le PLF 2026, dernière ligne droite, devrait donc renforcer le rôle de l’Etat social en misant davantage sur la protection sociale au profit de toutes les catégories sociales en l’occurrence les ménages les plus vulnérables. Cette année devrait marquer le passage à la vitesse supérieure de la mise en place définitive de la protection sociale et sa généralisation pour l’ensemble de la population.
Sans occulter la santé et l’éducation qui restent jusqu’à présent le parent pauvre du bilan des réalisations.
Autre enjeu et pas des moindres de ce PLF 2026 est l’amélioration du taux d’emploi notamment chez les jeunes diplômés. Ce problème qui perdure n’est en fait que la résultante d’un système d’éducation qui souffre de plusieurs maux. Résultat des courses : une inadéquation entre emploi et travail. Du côté de la demande, nos Universités, des machines qui produisent des chômeurs et du côté de l’offre, notre tissu économique est composé majoritairement de TPME qui suffoquent sous le poids des impôts.
Le gouvernement parviendra-t-il à assurer et à réaliser ces objectifs du moins les plus importants avant le prochain scrutin ? D’aucuns diront comment réaliser en si peu de temps ce qui n’a pas été réalisé durant le quinquennat notamment en ce qui concerne la santé et l’éducation.
Assurément, la tâche sera ardue d’autant plus que le gouvernement est appelé à jouer aux équilibristes pour renforcer l’Etat social et préserver les équilibres macroéconomiques allusion faite à l’équilibre budgétaire, l’inflation, la soutenabilité de la dette publique…
Cette loi de finances devrait ainsi constituer un virage pour répondre à ces exigences, à ces revendications et à ces inégalités territoriales trop criardes (Urbain, rural, montagnes). L’idée sous-jacente est de mettre en place des politiques territoriales à même de répondre aux besoins de la population et, partant, de la réduire les disparités.
Les indicateurs montrent que les recettes fiscales ont enregistrées une hausse de 19,8% à fin septembre 2025 pourvu qu’elles soient utilisées à bon escient, d’une manière efficiente, efficace et surtout équitable entre le centre et la périphérie. Un redéploiement d’allocation de ces ressources s’avère donc nécessaire pour se permettre un vrai Etat social et résoudre le problème des disparités. Autrement les mêmes causes produiront les mêmes effets.
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