🎥JET ENERGY en Bourse : le pari d’un champion marocain de la transition énergétique

JET ENERGY franchit une étape majeure de son développement. Après avoir obtenu le visa de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), l’entreprise spécialisée dans les solutions photovoltaïques, le stockage d’énergie et les infrastructures électriques s’apprête à faire son entrée à la Bourse de Casablanca à travers une augmentation de capital pouvant atteindre 375,4 MDH. Une opération qui s’inscrit dans un contexte de forte accélération des investissements énergétiques au Maroc et qui vise à donner à l’entreprise les moyens de changer d’échelle.
Créée en 2012, JET ENERGY a progressivement construit son positionnement autour de trois mĂ©tiers complĂ©mentaires : l’EPC photovoltaĂŻque et stockage, les infrastructures Ă©lectriques CFO/CFA et l’exploitation-maintenance des installations Ă©nergĂ©tiques. L’entreprise revendique plus de 330 MWc de puissance photovoltaĂŻque installĂ©e, plus d’une centaine de projets rĂ©alisĂ©s et 188 collaborateurs au 30 juin 2026.Â
L’introduction en Bourse porte sur l’émission de 2,625 millions d’actions nouvelles dans une fourchette de prix comprise entre 125 et 143 DH. La période de souscription est prévue du 2 au 5 novembre 2026, tandis que le prix définitif sera fixé le 11 novembre en fonction de la demande. À l’issue de l’opération, les nouvelles actions représenteront 20 % du capital de la société.
Derrière cette opĂ©ration financière se trouve surtout une entreprise en pleine phase d’expansion. JET ENERGY affiche un carnet de commandes de 1,49 Md de DH Ă fin juin 2026, soit l’équivalent de 4,4 fois son chiffre d’affaires 2025. Les activitĂ©s photovoltaĂŻques et de stockage reprĂ©sentent Ă elles seules 57 % de ce portefeuille, devant les infrastructures Ă©lectriques (39 %) et les contrats d’exploitation-maintenance (4 %). Cette visibilitĂ© constitue l’un des principaux arguments avancĂ©s auprès des investisseurs.Â
La trajectoire financière est Ă©galement mise en avant. Le chiffre d’affaires est passĂ© de 143 MDH en 2023 Ă 339,6 MDH en 2025, soit une progression de 137 % en deux ans. Sur la mĂŞme pĂ©riode, le rĂ©sultat net a Ă©tĂ© multipliĂ© par plus de quatre, atteignant 71,4 MDH. La dynamique s’est poursuivie au premier semestre 2026 avec un chiffre d’affaires de 268,9 MDH, en hausse de 84,8 % sur un an, tandis que le bĂ©nĂ©fice net s’est Ă©tabli Ă 50 MDH.Â
Cette croissance s’appuie sur plusieurs rĂ©fĂ©rences majeures dans le secteur Ă©nergĂ©tique national. L’entreprise a notamment participĂ© Ă la rĂ©alisation de la centrale Noor Laâyoune de 85 MWc, aux projets photovoltaĂŻques du groupe OCP Ă BenguĂ©rir et Khouribga, ainsi qu’au projet Noor Atlas pour le compte de Masen. En 2026, elle a Ă©galement achevĂ© ce qu’elle prĂ©sente comme le plus grand projet de stockage Ă©nergĂ©tique du pays pour l’OCP, avec une capacitĂ© de 125 MWh.Â
Le timing de cette introduction n’est pas anodin. Le secteur marocain des Ă©nergies renouvelables entre dans une nouvelle phase d’investissement. La consommation nationale d’électricitĂ© a atteint 49 TWh en 2025, tandis que la pointe de demande a culminĂ© Ă 8 400 MW en juillet 2026. Les Ă©nergies renouvelables reprĂ©sentent dĂ©sormais 46,1 % de la capacitĂ© installĂ©e et l’objectif national de 52 % Ă l’horizon 2030 semble Ă portĂ©e de main. Dans le mĂŞme temps, l’ONEE, Masen et plusieurs industriels, au premier rang desquels le groupe OCP, ont annoncĂ© des programmes reprĂ©sentant plusieurs gigawatts de nouvelles capacitĂ©s de production et plusieurs gigawattheures de stockage par batteries.Â
Les montants en jeu illustrent l’ampleur de la transformation en cours. Le plan d’équipement 2026-2030 de l’ONEE prĂ©voit plus de 248 Mds de DH d’investissements, dont près de 100 Mds de DH consacrĂ©s aux Ă©nergies renouvelables et au stockage. De son cĂ´tĂ©, le programme Noor Atlas reprĂ©sente 2,8 Mds de DH, tandis que la prĂ©paration des grandes infrastructures liĂ©es Ă la Coupe du monde 2030 est estimĂ©e Ă environ 190 Mds de DH, auxquels s’ajoutent près de 25 Mds de DH pour le dĂ©veloppement des infrastructures aĂ©roportuaires.Â
C’est prĂ©cisĂ©ment sur ces segments que JET ENERGY entend se positionner. Le stockage apparaĂ®t mĂŞme comme le principal relais de croissance identifiĂ© par l’entreprise. Le marchĂ© dĂ©jĂ matĂ©rialisĂ© reprĂ©sente environ 6,7 GWh Ă l’horizon 2030, sans compter les futurs projets qui pourraient ĂŞtre lancĂ©s dans le cadre des nouvelles politiques Ă©nergĂ©tiques du Royaume.Â
Les fonds levĂ©s serviront d’abord Ă renforcer les capacitĂ©s financières de la sociĂ©tĂ©. Environ 175 MDH seront consacrĂ©s au dĂ©veloppement de l’activitĂ© EPC et au prĂ©financement de chantiers de plus grande taille. Quelque 130 MDH doivent soutenir l’intĂ©gration industrielle afin de rĂ©duire la dĂ©pendance Ă la sous-traitance, tandis qu’environ 70 MDH seront destinĂ©s Ă l’expansion en Afrique de l’Ouest, notamment au SĂ©nĂ©gal, en CĂ´te d’Ivoire et au BĂ©nin.Â
L’ambition affichĂ©e est claire : permettre Ă l’entreprise de rĂ©pondre directement Ă des appels d’offres de plus grande envergure, sans dĂ©pendre du soutien financier du groupe auquel elle appartient. Le renforcement des fonds propres doit Ă©galement lui permettre de fournir les cautions bancaires exigĂ©es sur les grands projets Ă©nergĂ©tiques et d’accompagner son dĂ©veloppement Ă l’international.Â
Selon son business plan, JET ENERGY vise un chiffre d’affaires de 1,165 Md de DH Ă l’horizon 2030, contre 339,6 MDH en 2025. Une trajectoire qui repose sur l’accĂ©lĂ©ration du solaire au Maroc, le dĂ©veloppement du stockage par batteries, les investissements liĂ©s Ă la Coupe du monde 2030 ainsi que la montĂ©e en puissance des marchĂ©s Ă©nergĂ©tiques ouest-africains.Â
Au-delĂ de la levĂ©e de fonds comprise entre 328,1 MDH et 375,4 MDH, cette introduction en Bourse apparaĂ®t comme un test de l’appĂ©tit des investisseurs pour les valeurs liĂ©es Ă la transition Ă©nergĂ©tique. Dans un Maroc engagĂ© dans un cycle d’investissement inĂ©dit dans les infrastructures Ă©lectriques et les Ă©nergies renouvelables, JET ENERGY ambitionne de se positionner comme l’un des acteurs nationaux capables de transformer cette dynamique en croissance durable.Â


