IPO de Jet Energy : BKGR recommande de « Souscrire » avec un objectif de 170 DH

Le spécialiste de l’ingénierie photovoltaïque s’apprête à franchir le cap de l’introduction en Bourse via une augmentation de capital. Derrière les chiffres prometteurs de cette opération se cache l’histoire d’un pionnier national devenu un maillon essentiel de la souveraineté énergétique du Royaume.
En 2012, lorsque le groupe Jet Contractors décide de diversifier ses activités, le pari du solaire semble encore audacieux. Quatorze ans plus tard, la filiale Jet Energy n’est plus une simple promesse : elle s’est imposée comme l’un des principaux maîtres d’œuvre de la transition énergétique marocaine. Aujourd’hui, l’entreprise s’apprête à ouvrir son capital au grand public, avec une introduction en Bourse (IPO) qui suscite déjà un vif intérêt auprès des analystes financiers.
Les analystes de BKGR sont unanimes et recommandent de souscrire à l’opération. Avec une fourchette de prix fixée entre 125 DH et 143 DH par action, la levée de fonds — qui porte sur 2 625 000 actions nouvelles — devrait injecter entre 328 et 375 millions de dirhams dans les caisses de l’entreprise. À terme, le grand public détiendra 20 % du capital. Pour les investisseurs, la perspective est séduisante : les calculs de valorisation prévoient un cours cible de 170 DH, soit un potentiel de gain immédiat (upside) allant jusqu’à +36 % pour ceux qui achèteront au prix le plus bas.
Du désert de Laâyoune aux géants de l’industrie
Mais au-delà de la mécanique financière, Jet Energy, c’est avant tout une signature sur les plus grands chantiers du pays. À fin juin 2026, l’opérateur affichait un compteur impressionnant de plus de 330 mégawatts-crête (MWc) mis en service. Les ingénieurs de la firme ont bravé les vents et le soleil pour bâtir la centrale Noor PV I Laâyoune (85 MWc), mais aussi pour poser l’intégralité de la première phase du programme solaire d’OCP Green Energy (202 MWc), qui abrite aujourd’hui la plus grande centrale photovoltaïque en exploitation au Maroc.
L’entreprise ne se contente pas de capter la lumière ; elle a aussi appris à la stocker, réalisant le plus grand projet de stockage par batteries du pays (125 MWh). Actuellement, ses équipes sont déployées dans les provinces du Sud, s’activant sur les futures centrales Noor Atlas de Tata et Tan-Tan.
Comment une structure a-t-elle pu grandir si vite sans s’essouffler ? La réponse tient en sa stratégie : un modèle intégré mais peu capitalistique. Contrairement aux géants de l’énergie qui s’endettent lourdement pour posséder des infrastructures, Jet Energy a choisi l’agilité. Elle conçoit, elle installe, elle maintient (modèle EPC et O&M), mais elle ne possède pas les murs.
Mieux encore, elle maîtrise sa chaîne de valeur. Depuis 2024, l’entreprise a internalisé des compétences clés comme le génie civil, la supervision à distance et les tests de mise en service. Cette autonomie lui permet de livrer des projets clés en main avec une réactivité rare sur le marché.
Une croissance éprouvée et une forte visibilité
Le chiffre d’affaires a progressé selon un TCAM de +54% sur 2023-2025 pour atteindre 340 MDH avec une marge d’EBE de 28,8% et un résultat net de 71 MDH (+39,5%). Cette dynamique s’est accélérée au S1 2026 avec un chiffre d’affaires en hausse de +84,8% à 269 MDH.
Composé exclusivement de contrats fermes, son carnet de commandes atteint 1 492 MDH au 30 juin 2026, soit 4,4x le chiffre d’affaires 2025. Cette visibilité reste, toutefois, tempérée par une forte concentration (OCP GREEN ENERGY a pesé près de 46% du chiffre d’affaires 2025 et MASEN près de 48% au S1 2026), sachant que près de 86% des revenus 2025 ont été facturés via JET CONTRACTORS.
Une structure financière saine renforcée par l’opération
C’est précisément l’un des enjeux de l’opération, à savoir doter JET ENERGY des moyens pour pouvoir porter en direct les grands appels d’offres aujourd’hui largement contractualisés via sa maison mère JET CONTRACTORS.
Les fonds levés doivent lui permettre de répondre de façon autonome aux appels d’offres de grande envergure exigeant des garanties bancaires de premier rang. Ils seront alloués au financement de la croissance de l’activité EPC (près de 175 MDH), à l’intégration verticale (près de 130 MDH) et à l’expansion en Afrique de l’Ouest (près de 70 MDH), ce qui contribuera aussi à diversifier le portefeuille clients.
À ces atouts s’ajoutent plusieurs relais de croissance non intégrés dans le BP, notamment le développement de l’EPC stockage, l’ouverture de l’activité CFO/CFA à des clients tiers et le potentiel du marché africain.
Avec cette introduction en Bourse, JET ENERGY offre ainsi aux investisseurs une exposition directe à la transition énergétique marocaine, à travers une green equity adossée à des actifs et à un carnet de commandes concrets.
Une opportunité pour les épargnants
Pour le marché financier casablancais, souvent en quête de valeurs de croissance et de « valeurs vertes », l’arrivée de Jet Energy est une excellente nouvelle. Les projections pour 2027 affichent un PER (ratio cours/bénéfice) cible de 17,1x, soit une décote très attractive par rapport à la moyenne du secteur industriel (21,1x).
En participant à cette introduction en Bourse, les épargnants marocains ne font pas seulement un placement financier prometteur. Ils achètent une part du moteur qui alimente le Maroc de demain : un Maroc plus vert, plus indépendant énergétiquement, et porté par des compétences locales. Les souscriptions sont ouvertes, et l’avenir s’annonce green.
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