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Édito

BAM desserre la vis et ouvre de nouvelles perspectives

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Ecrit par Soubha Es-Siari I

A l’occasion du conseil tenu ce mardi 25 juin,  BAM a fait un geste fort en annonçant une légère baisse de son taux directeur de 0,25 point. Un signal qui marque tout de même un tournant majeur dans la politique monétaire ouvrant de meilleures perspectives de croissance.

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Après presque deux années de resserrement musclé visant à contenir une inflation galopante, la Banque Centrale adopte désormais une approche plus accommodante. Après avoir maintenu le taux directeur inchangé pendant 4 réunions consécutives, le conseil de BAM a décidé de le réduire de 0,25 pt à 2,75%.

Une décision qui pourrait avoir des répercussions significatives sur l’économie en général et plus particulièrement sur le marché du travail.

Le raisonnement de l’institution bancaire est relativement simple. En abaissant son taux directeur, même légèrement, elle espère donner un coup de fouet à l’activité économique dans les prochains mois. Cela va inciter les entreprises et les particuliers à emprunter de nouveau à des conditions redevenues un peu plus favorables pour financer leurs projets d’investissement. Un mécanisme vertueux qui, s’il fonctionne, devrait permettre de soutenir la demande globale et de relancer la machine économique qui peine à retrouver le rythme d’avant la pandémie.

Dans ses deux composantes consommation des ménages et investissement, la demande devrait selon les pronostics de BAM se poursuivre favorisée par le recul de l’inflation, le maintien des transferts des MRE et le lancement de grands chantiers et programmes publics relatifs au plan de reconstruction post-séisme.

S’agissant de la croissance, les dernières projections de la Banque Centrale tablent sur 2,8 % en 2024 et 4,5 % en 2025. Il s’agit en moyenne d’une croissance oscillant autour de 3%. Toujours est-il que les 4 ,5% dépendent étroitement de la campagne agricole et bien entendu de la clémence du ciel. Il ressort clairement d’après ces prévisions que suite à la succession des années de sécheresse et d’un contexte international instable, la croissance peine à retrouver son rythme potentiel.

A rappeler à juste titre qu’avec un taux de croissance qui tourne, bon an mal an, autour de 3%, l’écart de production par rapport au potentiel ne cesse de s’amplifier, réduisant d’autant les chances pour l’économie nationale d’échapper au piège des pays à revenu intermédiaire, et partant, les possibilités pour le pays d’une convergence plus rapide vers les standards des pays émergents. Un objectif auquel aspirent les équipes se succédant au pouvoir mais vainement. Et pour cause, la transformation structurelle de l’économie qui a du mal  à se développer comparativement à d’autres économies émergentes.

Pour l’exercice 2024, la sévérité de la sécheresse mais aussi l’évolution assez contrastée des secteurs les plus dynamiques dans un environnement encore hésitant ne permettent pas d’envisager, en l’état actuel un redressement significatif du cycle de croissance par rapport aux tendances passées.

Les projections pour la fin de l’exercice sur la base des indicateurs d’activité portant sur le premier semestre et leur évolution probable au second convergent pour prédire un ralentissement sensible de la croissance en 2024 (2, 8%) par rapport à 2023 (3,4%)

En sus du repli attendu des activités agricoles avec l’annonce de la baisse de la valeur ajoutée agricole (-6,9%), cette perspective s’expliquerait pour l’essentiel par l’affaiblissement des principales composantes de la demande globale sous l’effet croissant d’alourdissement des coûts pour les entreprises et de perte de pouvoir d’achat pour les ménages.

A rappeler à juste titre que les derniers résultats de l’enquête sur l’activité et l’emploi font état d’une importante hausse du taux de chômage dont le niveau a atteint au premier trimestre la moyenne au niveau national de 13,7% soit 17,6% en milieu urbain et 6,8% en milieu rural. Cette forte détérioration de l’emploi est révélatrice de l’ampleur du creux conjoncturel du moment et de la faible capacité des structures productives à faire face, en l’état actuel, à une demande d’emplois sans cesse croissante.

Après avoir brossé un tel tableau, le conseil de Bank Al-Maghrib estime que les arbitrages en matière de politique économique sont à revisiter à la lumière de l’analyse que l’on se fait de la situation économique mais également des objectifs visés à moyen et long terme. La relance de la dynamique de croissance s’impose vaille que vaille dans les conditions actuelles pour pousser l’économie vers son meilleur potentiel de production et répondre aux multiples attentes en termes d’emploi.

Aussi, faut-il rappeler que le Maroc est engagé dans les prochaines années dans de vastes chantiers au premier rang desquels figurent le développement d’infrastructures économiques et sociales de grande envergure en plus du programme de protection sociale. Ces changements impliquent des investissements de grande ampleur dont le financement ne peut être assuré de façon soutenue sur le long terme que par une dynamique de croissance régulière.

L’autre volet aussi important concerne les conditions de financement qui peuvent constituer un handicap pour l’entreprise et pour lesquelles les orientations arrêtées en matière politique monétaire peuvent jouer un rôle décisif.

Aussi, l’inflation domestique après des taux de 6,6% en 2022 et de 6,1% en 2023, est-elle revenue à des taux faibles ces derniers mois, principalement tirée par l’atténuation des pressions d’origine externe et la baisse des prix des produits alimentaires volatiles.

De ce point de vue, et compte tenu du processus désinflationniste engagé depuis le début de l’année, le desserrement de l’étau monétaire tel que décidé par le Conseil de BAM serait d’un grand apport pour la dynamique de l’investissement et la relance de l’activité. 

 

 

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