Réglementation de change : Driss Benchikh déroule les axes stratégiques de la réforme en cours

Ecrit par Imane Bouhrara I
L’Office des Changes est en train d’opérer une grande réforme de la réglementation de change, de l’Instruction Générale des Opérations de Change 2026, les conditions d’investissement des startups à l’étranger ou encore le label ADD. La rencontre entre l’Argentier du Royaume et le Patronat a été l’occasion de suivre une présentation de Driss Benchikh sur les grandes transformations à venir.
L’année 2025 s’annonce charnière pour l’Office des Changes, dont le Directeur Général, Driss Benchikh est sur plusieurs fronts pour une réforme globale du régime de change marocain en faveur d’une plus grande souplesse et facilitation au service de la compétitivité de l’économie marocaine, démarrant son mandat sur les chapeaux de roue.
Ainsi, il est à la tête d’une grande transformation en cours qui va à la fois concerner le régime de change, l’instruction générale des opérations de change sans oublier une transition digitale accentuée au service de l’économie et des usagers.
D’ailleurs, les axes stratégiques de cette transformation ont été dévoilés par Driss Benchikh lors de la rencontre organisée par la CGEM avec le ministre en charge du Budget, Fouzi Lekjaâ.
« Sur le plan de change, nous sommes en train de travailler sur une grande réforme dont nous avons partagé les axes de réflexions avec la CGEM et le GPBM. L’idée est de mettre à plat la réglementation de change pour plus d’assouplissement, de simplification et de facilité », explique Driss Benchikh devant l’assistance.
Il faut attendre début 2026, l’arrivée de l’instructions générale des opérations de change qui réponde parfaitement aux besoins des opérateurs et au renforcement de la compétitivité des entreprises marocaines, assure le patron de l’OC.
D’ailleurs, toute une équipe dédiée travaille avec la CGEM, le GPBM et les fédérations professionnelles.
Le deuxième point important évoqué par Driss Benchikh est celui concernant les entreprises innovantes ou les startups, qui intéressent particulièrement l’Office des Changes.
Depuis 2019, l’Office avait mis en place une importante mesure qui permette aux jeunes entreprises innovantes de régler les opérations internationales avec la facilité nécessaire.
En effet, elles ont à leur disposition une carte de paiement plafonnée à 1 MDH. Cette disposition répond au besoin des startups surtout qu’elles travaillent avec les GAFA. Ces grands opérateurs à l’international en général exigent le paiement via des cartes de commerce électronique.
Dans ce sillage, un deuxième grand pallier de réforme est en cours, à savoir l’assouplissement des investissements des startups à l’international.
« La réglementation des changes permet aux entreprises marocaines de réaliser des investissements à l’international sous réserve de satisfaire trois conditions. D’abord, avoir une existence de trois ans avant d’aller vers l’international, investir dans le même secteur d’activité avec un plafond de 200 MDH par an. Or, une startup est à la base une idée qui ne peut attendre les 3 ans avant d’aller en quête de l’international. Dans ce sens, nous sommes en train de travailler avec la fédération représentant les entreprises innovantes pour la mise en place d’un régime particulier qui leur est dédié, notamment avec un allégement des conditions, particulièrement la durée d’existence de la startup mais avec une maîtrise du plafond que nous allons décider ensemble », déclare Driss Benchikh.
Autre changement annoncé, et étant donné que l’Office a été le premier à demander d’augmenter la durée de vie de cinq ans du Label ADD avec à la clé des avantages notamment la fiscalité.
« Après les cinq ans, les startups perdaient ces avantages. Nous avons négocié pour étaler la durée de vie du Label ADD sur 8 ans. Et c’est l’occasion d’associer le ministère de la transition numérique et l’ADD pour faciliter les négociations sur ce label », soutient D. Benchikh.
A date d’aujourd’hui, près de 300 startups bénéficient de ce label et des avantages qu’il offre.
Pour sa part, Fouzi Lekjaâ a soutenu l’importance de ces efforts, puisqu’il estime également que la réforme de change est cruciale et nécessite la collaboration de tous pour aller le plus rapidement possible vers beaucoup de souplesse.
A noter qu’il y a quelques semaines, Driss Benchikh et Reda Lahmini, Président de la Commission Procédures Administratives et Judiciaires de la CGEM, ont signé une convention portant sur l’échange de données et d’informations, les modalités de concertation en matière d’élaboration de la réglementation des changes, ainsi que la formation et l’échange d’expériences et d’expertises.

