🎥 Dettes cumulĂ©es et dĂ©lais de paiement longs (BTP) : le prĂ©sident du groupe Al Omrane s’engage Ă assainir la situation

Ecrit par Lamiae Boumahrou I
Depuis un moment, les opĂ©rateurs du BTP dĂ©nonçaient les retards cumulatifs de paiement du groupe Al Omrane qui pĂ©nalisent les autres maillons du secteur. Conscient de l’impĂ©ratif d’assainir les dettes de la Holding, le nouveau prĂ©sident d’Al Omrane en fait une prioritĂ©. Des discussions sont en cours avec les partenaires institutionnels pour revoir les procĂ©dures de blocage. DĂ©tails.
Après plus de 2 années d’attente et de manque de visibilité, le secteur de l’immobilier voit enfin le bout du tunnel après l’annonce du programme d’aide directe au logement.
Un programme, qui rappelons-le, vise à apporter une aide directe aux futurs acquéreurs soit de 100.000 DH pour l’acquisition d’un logement dont le prix de vente est inférieur à 300.000 DH/TTC et de 70.000 DH pour l’acquisition d’un logement dont le prix de vente est entre 300.000 DH/TTC et 700.000 DH/TTC.
Ce qui implique une relance de la machine du secteur de l’immobilier avec la production de biens répondant aux critères définis dans le cadre dudit programme. Et parmi les principaux opérateurs du secteur, le bras armé de l’Etat, le groupe Al Omrane. La Holding sera amenée à produire des biens de 300.000 DH ainsi qu’entre 300.000 DH et 700.000 DH pour satisfaire les besoins des futurs acquéreurs et ainsi contribuer aux objectifs de ce programme à savoir lutter contre l’habitat insalubre,  améliorer les conditions de vie des ménages et faciliter l’accès au logement.
Mais le groupe Al Omrane saura-t-il rétablir la relation de confiance avec les citoyens qui, pour plusieurs raisons, n’y croyaient plus dans le bras armé de l’Etat ?
Conscient de l’impératif de redorer le blason d’Al Omrane, le nouveau président du directoire (nommé en mai dernier), Housni El Ghazaoui a fait savoir que l’une des priorités du groupe est de rétablir la relation qui le lie aux citoyens marocains.
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En effet, depuis quelques mois, la Holding a entamé son processus de redynamisation et de repositionnement. Un revirement de cap qui s’inscrit dans la lignée des directives de la tutelle. Rappelons que lors du dernier conseil d’administration d’Al Omrane, tenu en juin dernier, soit à peine un mois après la nomination du nouveau président, la ministre de l’Aménagement du Territoire National, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la Ville, Fatim Ezzahra El Mansouri avait appelé Al Omrane à redynamiser davantage son action pour améliorer son efficacité opérationnelle et à carrément revoir sa stratégie et son action.
Interpellé sur comment seront déclinées ces directives dans la nouvelle stratégie du groupe, Housni El Ghazaoui nous a affirmés que la nouvelle stratégie, en cours d’élaboration, prend en compte les directives de la tutelle.
« Après le lancement d’un appel d’offres, le choix a été porté sur le cabinet international Roland Berger, qui est en charge de la revue de la stratégie du groupe Al Omrane », a-t-il souligné.
Aujourd’hui, ledit cabinet s’apprête à achever la première phase de la mission qui est l’audit stratégique du groupe et qui consiste à relever les points forts, les points faibls et les axes d’amélioration. C’est sur la base de cet audit que la Holding élaborera sa stratégie qui va tenir compte des nouvelles donnes du marché de l’immobilier.
« Les conditions dans lesquelles opérait Al Omrane il y a 40 ans ne sont plus les mêmes que celles d’aujourd’hui. C’est pourquoi nous devons nous adapter au nouveau contexte marqué par la présence d’opérateurs privés de plus en plus nombreux, la rareté du foncier, le changement de la réglementation en vigueur, le nouveau programme d’aide au logement… », nous a-t-il confiés. Sur la base de la nouvelle stratégie, Al Omrane élaborera son plan de développement de 10 ans.
Quid des relations Al Omrane-opérateurs BTP ?
Outre sa relation avec les citoyens, Al Omrane devra également revoir ses relations avec ses partenaires notamment les opérateurs du BTP dont la relation n’était pas au beau fixe avant l’arrivée du nouveau président. En effet, les dettes cumulées et le retard de paiement ont détérioré ces dernières années les relations Al Omrane-opérateurs BTP.
Ces derniers n’ont cessĂ© de dĂ©crier ces retards qui pèsent lourdement sur la trĂ©sorerie des entreprises mais aussi sur leur survie. Plusieurs entreprises notamment dans l’Oriental, oĂą la situation est plus grave, ont mis la clĂ© sous le paillasson. En tĂ©moigne le classement de la holding dans les dĂ©lais de paiement publiĂ© par le ministère des finances. D’après le bulletin de fin octobre, le groupe arrive en 2ème position sur la liste des dĂ©lais les plus longs avec des dĂ©lais de 218 jours. InterpellĂ© aussi sur cette question, le prĂ©sident de la Holding dit ĂŞtre conscient de cette problĂ©matique qu’il prend Ă bras le corps.
Il a en l’occurrence rappelĂ© que le champ d’intervention d’Al Omrane se scinde en 2 volets : les projets propres d’Al Omrane et les projets en maĂ®trise d’ouvrage dĂ©lĂ©guĂ©e. C’est sur le 2ème registre que le bât blesse. « Al Omrane agit en maĂ®tre d’ouvrage dĂ©lĂ©guĂ© pour le compte de nos partenaires institutionnels. C’est au niveau du processus de demande de tirage après achèvement des travaux que le retard s’accuse », nous a-t-il expliquĂ©.
Quant à l’assainissement de ses dettes qui se chiffrent en millions de DH, Housni El Ghazaoui nous a affirmés qu’un travail est fait avec tous les partenaires institutionnels pour revoir les procédures de déblocage afin de réduire les délais de paiement et, par ricochet, être en norme par rapport aux délais réglementaires.
« Je tiens à préciser que l’amélioration des délais de paiement constitue une priorité du directoire. Nous avons d’ailleurs commencé à débloquer certains dossiers notamment les plus urgents pour éviter aux entreprises qui travaillent avec Al Omrane d’être en difficulté », a précisé le président du directoire.
Une chose semble se dégager de cette rencontre : le nouveau Top management compte bien rompre avec le passé et redorer son blason aussi bien avec les futurs acquéreurs qu’avec ses fournisseurs.
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