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Economie

« Le Maroc n’a pas encore une politique industrielle au vrai sens du terme » (Larabi Jaïdi)

justice sociale

Ecrit par Soubha Es-Siari I

« L’industrie nationale ne peut pas fonctionner uniquement sur la base des stratégies des grands groupes internationaux si l’entreprise marocaine n’est pas véritablement partie prenante de cette dynamique » s’inquiète Larabi Jaïdi, considérant que le Maroc ne dispose pas véritablement d’une politique industrielle.

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A l’occasion de la rencontre sur les résultats de l’étude relative aux « Priorités 2025 des Directions financières au Maroc » , l’économiste Larabi Jaïdi a rappelé le potentiel dont recèle le Maroc pour intégrer le cercle des pays émergents. Et ce dans un contexte marqué par une persistance de l’inflation à l’échelle mondiale, des tensions géopolitiques se traduisant par une défragmentation des chaînes de valeur.

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Toutefois pour ce faire, l’économiste qui se fonde sur une longue et pertinente analyse du contexte national et international que nous vivons, a rappelé que le Maroc est acculé à relever un certain nombre de défis. Ce sont ces challenges même que le Royaume devrait exploiter pour accélérer son industrialisation.

A cet effet, Larabi Jaïdi s’est attardé sur la politique industrielle du Maroc et s’il s’agit d’une politique même à proprement dit ? « Quelle que soient les performances industrielles, l’émergence ne se limite pas uniquement aux trois métiers mondiaux (automobile, aéronautique, offshoring), il s’agit impérativement de revitaliser les secteurs traditionnels de l’industrie (agro-industrie, mécanique, textile…) », rappelle l’économiste. Et d’ajouter : « Nous n’avons pas une politique industrielle au vrai sens du terme et ce, quels que soient les leviers de soutien actionnés en ce qui concerne la formation, le foncier, le financement… ».

Un constat glaçon mais L. Jaïdi explicite encore mieux son propos : l’industrie ne peut pas fonctionner uniquement sur la base des stratégies des grands groupes internationaux si l’entreprise marocaine n’est pas au coeur de cette dynamique. Lorsque nous faisons le bilan de l’industrie automobile, nous ne pouvons nier qu’il y a quelques réalisations, mais nous ne possédons pas encore un effectif d’entreprises de sous-traitance de rang 1 ou de rang 2 qui demain pourraient garantir la pérennité du système. Il ne faut pas perdre de vue que les stratégies des grands groupes peuvent changer à tout moment.

Il argumente ses propos par l’exemple édifiant de ce qui est survenu dans les années 80-90 en Europe de l’Est en ce qui concerne l’industrie automobile.  Ou en Espagne dans les années 1990-2000 avec les grands groupes internationaux. Assurément, il y a un potentiel dont nous disposons aujourd’hui mais si l’entreprise marocaine ne saisit pas cette opportunité pour se développer et surtout maîtriser les enjeux de compétitivité et de la recherche et développement, elle restera toujours vulnérable… et par ricochet les ambitions industrielles marocaines.

Nous avons une économie résiliente qui résiste aux chocs, mais nous avons encore des vulnérabilités parce que nous ne maîtrisons pas encore les facteurs de la compétitivité liés à la recherche & développement, à la compétence, aux organisations managériales.

Le Maroc étant toujours dans la trappe des revenus intermédiaires a grandement besoin d’une convergence des politiques économiques, d’une confiance dans les institutions et ce par une amélioration de son climat des affaires.


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