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Finances

Priorités budgétaires 2026-2028 : on joue la prudence

soutenabilité finances publiques 2026

Alors que le mandat de l’exécutif s’approche de la fin, les priorités pour l’après 2026 ne semblent pas marquer une disruption, l’accent est mis sur l’accélération du rythme de mise en œuvre des programmes d’investissement et de la poursuite de la mise en œuvre de réformes majeures ainsi que la limitation du déficit budgétaire. Y compris pour les perspectives de croissance, très timorés pour un pays qui aspirent à l’émergence. Il faut rappeler qu’au-delà de cette date, c’est un autre exécutif qui sera appelé aux commandes. 

Comme à la même période chaque année depuis 2018, le chef du gouvernement a adressé la circulaire relative à l’actualisation annuelle de la programmation budgétaire triennale avec des propositions pour la période 2026-2028, appuyées par des objectifs et des indicateurs de performance avec 4 orientations majeures.

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D’emblée, le Chef du gouvernement dresse le cap notamment le renforcement de la trajectoire de soutenabilité des finances publiques, tout en tenant en comptes les défis de la situation économique internationale et nationale, l’accélération du rythme de mise en œuvre des programmes d’investissement et la poursuite de la mise en œuvre de réformes majeures. Il s’agit bien évidemment de la Couverture universelle, la réforme de système de santé, la réforme de l’éducation nationale, enseignement et formation professionnelle, le soutien au pouvoir d’achat des ménages à travers divers programmes d’aides, notamment au logement, l’hydrogène vert, les projets hydriques, l’emploi, etc…

Ainsi, selon les hypothèses présentées dans la circulaire dont EcoActu.ma détient une copie, le gouvernement aspire pour les années 2026, 2027 et 2028, à limiter le déficit budgétaire à 3% du produit intérieur brut, ce qui est en passe de se produire faut-il reconnaître, à maintenir le taux d’inflation moyen autour de 2%.

Par ailleurs, les projections de croissance sont très modestes puisque la circulaire table sur des taux de croissance du PIB de 4,1 %, 4,2 % et 4,4 %. Ce qui est un niveau de croissance en dessous des objectifs d’émergence ni celui de 6% du NMD, à même de créer une rupture avec les cycles de croissance atones que connaît le Maroc depuis des décennies.

Dans sa circulaire, le Chef du gouvernement a souligné que la programmation budgétaire triennale garantit la cohérence de la politique budgétaire avec les objectifs économiques et sociaux. Elle constitue également le cadre budgétaire le plus approprié pour répondre aux défis à long terme, notamment la viabilité du cadre macroéconomique et de la dette. Par conséquent, une programmation optimale des dépenses par secteurs ministériels et institutions nécessite de rationaliser les dépenses publiques et d’allouer de manière optimale les ressources en fonction des besoins et des priorités.

Fin des largesses de l’Etat ?

A cette fin, le Chef du gouvernement a tracé les grandes lignes directrices dont les propositions des secteurs ministériels et des institutions doivent tenir compte, au nombre de quatre.

A commencer par les dépenses du personnel grâce à une identification précise et justifiée des besoins réels en ressources humaines en fonction des exigences nécessaires pour assurer la mise en œuvre des projets de réforme engagés et de ce qui est nécessaire pour assurer le fonctionnement et la qualité des services d’utilité publique, tout en travaillant à établir des mécanismes de gestion capables d’accroître la productivité et l’efficacité fonctionnelle, notamment par la formation et l’évaluation.

En deuxième lieu, la circulaire pointe le curseur sur le renforcement du lien entre la modernisation de la gestion administrative et la rationalisation des dépenses y afférentes en adoptant une approche renouvelée.

Cette approche est fondée principalement sur trois piliers, notamment, la mise à jour les fonctions de support et d’assistance, la rationalisation et la standardisation de leurs normes de gestion, ainsi que de veiller à ce que ces fonctions puissent être exploitées et exploitées conjointement entre différentes administrations publiques (infrastructures numériques, archives, parkings, etc.).

La nouvelle approche de rationalisation des dépense repose également sur une  adaptation et actualisation de la structure administrative en fonction de l’évolution des besoins, des spécialisations fonctionnelles et des défis sectoriels, en assurant un équilibre entre la taille et la nature des tâches et la structure administrative et les ressources qui leur sont allouées, et en évitant les doublons et les chevauchements dans les tâches et les spécialisations attribuées aux différentes structures administratives ;

Et enfin, l’adoption de solutions techniques et technologiques et élargir leur champ fonctionnel.

La rationalisation semble revenir en boucle, cette fois-ci cela concerne les équipements et autres dépenses en maîtrisant les dépenses courantes et en les limitant aux besoins nécessaires pour améliorer l’efficacité des interventions de l’État.

Il s’agit de réduire les dépenses liées spécifiquement à l’eau, à l’électricité, à la location de voitures, à la location et à l’équipement des sièges administratifs, ainsi que les dépenses liées au transport et à la mobilité, tout en veillant au respect des objectifs de la Charte d’excellence administrative.

Selon la circulaire, les subventions de gestion des établissements publics devraient être limitées à la couverture des dépenses des employés et des dépenses nécessaires au fonctionnement des installations administratives, et liées aux actifs de la trésorerie de ces établissements.

Amélioration de l’efficacité des investissements

L’une des priorités budgétaires 2026-2028 est d’améliorer l’efficacité et l’efficience des investissements. C’est une problématique dont a souffert longuement le Maroc et la création d’emplois par l’économie nationale. Les département concernés sont ainsi appelé par le Chef du gouvernement à prioriser les engagements de programmation relatifs aux projets soumis aux directives royales ou entrant dans le cadre des conventions signées devant Sa Majesté le Roi ou conclues avec des institutions internationales ou des pays donateurs, tout en veillant à l’accélération des projets en cours d’exécution.

En général, les propositions de dépenses d’investissement doivent être fondées sur les capacités réelles des secteurs ministériels et des institutions à gérer les projets d’investissement, ainsi que sur les niveaux d’exécution budgétaire de ce chapitre, y compris les taux de transfert de crédits d’une année à l’autre.

 Aussi, avec l’adoption d’une panoplie de lois, il faut recourir à des mécanismes de financement innovants, notamment en activant le cadre juridique des partenariats public-privé.

Autres mesures qui doivent être contenues dans les propositions qui seront soumises à discussion entre le 14 avril et le 14 mai prochains, la rationalisation des subventions d’investissement accordées aux institutions et entreprises publiques, et leur affectation prioritaire aux projets en cours de réalisation.

La circulaire du chef de gouvernement insiste sur le fait de lier le rythme de décaissement de ces subventions à l’avancement de la mise en œuvre de ces projets et au niveau de liquidités dont elles disposent.

Concernant le sujet épineux de l’expropriation pour cause d’utilité publique, la circulaire recommande la pré-réglementation du statut juridique des biens immobiliers affectés à de nouveaux projets d’investissement, dans le cadre du respect des exigences législatives et réglementaires.

Par ailleurs, la circulaire insiste sur les questions environnementales et climatiques, qui revêtent un caractère stratégique ayant donné lieu à une approche intégrée et globale basée sur le renforcement du cadre institutionnel pour améliorer la coordination entre les différents secteurs ministériels afin d’intégrer la dimension climatique dans les différentes politiques publiques. Cette dimension impose le respect des engagements de notre pays envers les chartes et mécanismes climatiques et par conséquent elle doit également être omniprésente dans les propositions pour la période 2026-2028.

Il y a lieu de rappeler qu’au-delà de  2026 année de législatives, c’est un autre exécutif qui sera appelé aux commandes et devra élaborer sa propre LF en 2027, en espérant que d’ici là, la prise de risque en matière économiques sera plus présente pour résorber les problèmes de croissances et d’emplois. 

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