Taux directeur : que prévoit BAM pour 2026 ?

Le premier Conseil de Bank Al Maghrib (BAM) pour 2026 s’approche à grands pas dans un contexte marqué par une maitrise d’inflation, une conjoncture économique optimiste avec les précipitations abandonnantes de ce derniers mois, et un contexte mondial des plus incertain. Dans ces conditions, la Banque centrale donnera-t-elle un coup de mou à la politique monétaire ou bien jouera-t-elle la prudence ?
Le Conseil de Bank Al-Maghrib (BAM) tiendra en ce début mars le première réunion trimestrielle de l’année 2026 pour examiner l’évolution de la conjoncture économique ainsi que les projections macroéconomiques à moyen terme. Une réunion qui intervient après un exercice 2025 marqué par une forte croissance de 5% et une maîtrise de l’inflation à 0,8 %. Et surtout un exercice où BAM avait opté pour une seule baisse du taux directeur de 25 points de base en Mars 2025.
Faut-il tabler sur une nouvelle baisse du taux directeur en mars 2026 ?
Un conseil de BAM intervient dans un contexte avec un niveau d’incertitude encore élevé en lien notamment avec la persistance des tensions géoéconomiques et géopolitiques au plan international et les conditions climatiques au niveau interne. Certes nous voilà rassurés avec les récentes précipitations qui rompent le cycle de 7 ans de vaches maigres. Mais cette même pluviométrie peut-être également la source de bien de contraintes notamment sur le plan économique, le cas de Ksar El Kébir pour illustrer la paralysie de certaines provinces et son impact économique et social.
Deux facteurs positifs néanmoins pourraient orienter la décision de BAM, à savoir les anticipations d’inflation. Selon Attijari Global Research (AGR), la maîtrise de l’inflation à 1,3% en 202§ en dessous du taux directeur de 2025, offrirait à BAM une marge de manoeuvre intéressante dans la conduite de sa politique monétaire.
Le deuxième élément est l’évolution des besoins de financement. Dans ce sens, AGR relève que dans un contexte où les taux réels se maintiennent en territoire positif depuis janvier 2024, l’optimisation du coût de financement de l’économie revient au devant de la scène. Le Maroc entre dans une nouvelle ère d’investissement marqué d’or des chantiers de grande envergure dans plusieurs secteur d’activité. l’investissement public dépasserait les 1.000 Mds de DH entre 2026 et 2028, soit 50 % de PIB.
Dans ces conditions, le scénario central d’AGR table sur un taux cible de 2,00 % sur le moyen terme, sous réserve de la confirmation de la trajectoire désinflationniste et l’absence de chocs exogènes majeurs dont les impacts peuvent perdurer au-delà de 2026.
Selon BKGR, la confirmation d’un nouveau palier de croissance au Maroc (au dessus de 5%) ne devrait pas justifier des actions accommodantes urgentes de la part de BAM. Un tel scénario soutenu donc une pause monétaire prolongée au cours des 2 prochains trimestres avec d’éventuelles nouvelles baisses du taux directeur.
Le conflit au Moyen-Orient pourrait éventuellement inciter BAM à la prudence ou bien au contraire à opter pour une politique plus accommodante en soutien au tissu économique et financier ?


