Après le rachat de Crédit du Maroc par le Groupe Holmarcom en 2022, auprès du Crédit Agricole France, le nouvel Actionnaire de référence lance à partir du 28 octobre une Offre Publique de Vente de 11,3% du capital. Il s’agit d’une opération de taille importante d’un montant global de 1 Md de DH. Quid de l’attractivité de l’offre ? Analyse.
En marge de l’opération de rachat de 79% du capital de Crédit Du Maroc (CDM) par le Groupe Holmarcom auprès du Crédit Agricole France en 2022, le nouvel Actionnaire de référence lance une Offre Publique de Vente à hauteur de 11,3% du capital.
Ainsi, le capital flottant en Bourse sera doublé passant à 22% post-OPV contre 11% initialement. Cette nouvelle opération sera réalisée via la cession de 1.229.577 Actions pour un montant de 1 Md de DH, structurée en trois tranches.
La 1ère porte sur un montant de 655 MDH au prorata de la Demande avec une souscription minimum de 3 MDH, soit 3.529 Actions. La 2ème tranche porte sur une Offre de 328 MDH sans aucun minimum avec une 1ère allocation à hauteur de 50 Actions et une 2ème allocation au prorata de l’excédent de la Demande. Ces deux premières tranches seront cédées au prix unitaire de 850 DH par rapport à un cours de 927 DH en date du 25 octobre 2024. La 3ème tranche est réservée aux salariés de la banque et de ses filiales à hauteur de 50 MDH sur la base d’un prix de 680 DH et un lock-up de 3 ans. Il s’agit d’une décote de 20% par rapport au prix de vente au public.
Sur la base de l’analyse d’Attijari Global Research (AGR) et ses échanges avec le Top-Management et l’Actionnaire de Référence, AJR recommande aux investisseurs de souscrire à cette opération. Selon les projections d’AGR, le titre offre un potentiel d’appréciation en Bourse de +30% par rapport au prix de l’OPV de 850 DH. Il s’agit d’un cours objectif de 1.100 DH calculé sur la base du P/E(x) normatif du secteur bancaire de 14,8x observé au cours des 3 dernières années et de la nouvelle capacité bénéficiaire de CDM à compter de 2026E.
L’analyse s’attarde sur six éléments qui plaident en faveur de la souscription et de l’attractivité de l’opération. D’abord, cette OPV permettrait à CDM de surmonter une contrainte historique, relative à l’illiquidité de son titre. Celle-ci a considérablement réduit l’attractivité de la valeur CDM en Bourse. Avec le doublement de son capital flottant de 11% à 22%, le titre présenterait désormais des niveaux de liquidité plus « acceptables » aux yeux des investisseurs.
Cette opération constitue une réelle occasion pour CDM afin de marquer sa rupture avec le passé. En effet, le Groupe a communiqué autour d’une nouvelle vision ambitieuse qui consiste à redynamiser l’ensemble de ses activités. À titre d’exemple, nous assisterons sur la période 2024E-2026E à un effet de rattrapage visible au niveau de la croissance des crédits dont la PDM demeure relativement faible autour des 4,0% en 2023, selon AGR.
Aussi, tenant compte d’un TCAM du PNB de +8,8% sur 2023-2026E selon les prévisions d’AGR, CDM serait en mesure d’achever un rythme de progression deux fois plus rapide de son RNPG, soit un TCAM de +17,2% durant la même période. À cet effet, la capacité bénéficiaire de la banque franchirait selon AGR le cap des 800 MDH à horizon 2026E contre une moyenne historique de 378 MDH(1). Ce scénario tient compte d’une amélioration continue du COEX à l’image de la tendance du secteur et d’un Taux de CDR normatif entre 60 et 70 PBS sur la même période.
Par ailleurs, en raison de son « illiquidité », les niveaux de valorisation historiques du titre sont peu significatifs. Par conséquent, ces derniers ne peuvent constituer une référence pour le futur. Tenant compte de nos projections en 2026E, le P/E induit du titre ressort à 11,4x contre 14,6x pour le secteur bancaire en 2024E. Parallèlement, CDM devrait se rapprocher de la rentabilité des Fonds Propres du secteur bancaire, soit un ROE normatif entre 11 et 12%. Ce constat atteste du potentiel de hausse dont dispose le titre CDM en Bourse.
Autre élément d’attractivité, le dividende qui constitue un avantage compétitif du titre CDM. À l’image des grands Groupes bancaires de la cote, CDM devrait maintenir une politique de dividende « attractive » permettant aux investisseurs en Bourse de bénéficier de la hausse soutenue de la capacité bénéficiaire de la banque sur la période 2024E-2026E. Sur la base d’un payout cible conservateur autour des 62% contre 70% en 2023, CDM serait en mesure d’améliorer son DPA de 34 DH en 2 023 à 46 DH à horizon 2026E, soit un rendement de dividende moyen de 5,0%.
Avec un payout cible inférieur à celui du secteur, soit 62% contre 75% respectivement, CDM dispose d’une marge de manœuvre afin de surprendre positivement le marché à l’avenir. À titre indicatif, un relèvement du payout à 70% ou à 80% induirait des D/Y 26E respectifs de 6,1% et de 7,1%. Des niveaux de rendement deux fois supérieur à la moyenne du secteur bancaire coté qui s’établit à 3,5% en 2024E.
Enfin, la composante RH demeure selon AGR cruciale, surtout pour le cas d’une banque qui ambitionne de marquer une rupture avec le passé en se lançant dans une nouvelle dynamique de croissance et de gain de PDM. « À cet effet, le Top-Management nous a confirmé qu’un travail de fond à été mené depuis 2022. L’objectif étant de mettre en place une nouvelle organisation et un dispositif permettant de porter efficacement cette vision », conclut AGR.
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