Écrit Imane Bouhrara I
Fouzi Lekjaâ, le président de la Fédération royale marocaine de Football, peut enfin souffler du moins, reprendre son souffle avant de poursuivre la tâche fastidieuse de préparer le terrain pour que le Maroc puisse accueillir la Coupe du Monde 2030 mais aussi la Can 2025. Après 5 tentatives, la 6e est la bonne.
En effet, la désignation officielle du Maroc, du Portugal et de l’Espagne comme pays hôtes de la Coupe du monde FIFA 2030, par le Congrès de la Fédération internationale de Football Association la semaine dernière, est une consécration du travail de longue haleine mené et une récompense de l’ambition nourrie par le Royaume depuis 30 ans, depuis 1994 plus précisément et après 5 précédentes candidatures (1994-1998-2006-2010-2026). Enfin !
C’est dire que c’est un parcours de combattant mené de fil en aiguille pour aboutir à ce résultat. En effet, Fouzi Lekjaâ a été le chef d’orchestre pour porter cette vision royale qu’est d’accueillir un événement sportif planétaire. D’ailleurs, en octobre 2023, SM le Roi le nomme président du Comité Coupe du Monde 2030.
Bien évidemment, certains diraient que c’était une tâche facile puisqu’en 2023, le Conseil de la FIFA a voté à l’unanimité le dossier Maroc-Espagne-Portugal comme candidature unique.
Sauf qu’il faut être réaliste, le comité de la Fifa n’a pas voté pour nos beaux yeux mais de l’aveu même de la FIFA pour un dossier solide. En effet, ce vote intervient un an et 7 mois après que SM le Roi ait annoncé la décision du Maroc de présenter avec l’Espagne et le Portugal, une candidature conjointe (Mars 2023) et quatre mois après que Fouzi Lekjaâ, soit nommé par le roi président du Comité marocain de candidature (octobre 2023). Un travail ardu pour une candidature tripartite soumise à la FIFA le 29 juillet 2024. Un projet suivi de près par le Souverain qui, ce 4 décembre 2024, a présidé un conseil des ministres consacré à l’état d’avancement.
Ces quelques mois ont été décisifs et infernaux pour Fouzi Lekjaâ objet tantôt d’adoration, tantôt de total mépris, de campagne de diffamation et de dénigrement et parfois même d’attaque personnelle sur les réseaux sociaux.
Mais ce n’est pas connaître l’homme. En effet, peu savent qu’étudiant à l’IAV, Fouzi Lekjaâ a été un militant mobilisé et très actif sur le campus, se forgeant ainsi une forte personnalité. Certains de ses compagnons décrivent à la fois une personne coriace mais aussi empathique.
Ainsi, il faisait montre de virulence pour défendre ses idées et la cause des étudiants. Mais cette même véhémence passe au second niveau lorsqu’il s’agit d’essayer de soutirer quelqu’un des étudiants de 1e année du fameux bizutage. Certains bizuts lui sont reconnaissants à ce jour. Il n’hésite pas également à offrir le gite et le couvert aux étudiants qui débarquent d’autres villes à Rabat. Cette générosité et complicité se poursuivent bien au-delà de l’IAV notamment à l’ENA.
Néanmoins, sur le plan personnel Fouzi Lekjaâ reste une énigme bien que les personnes proches et fidèles compagnons décrivent une personne aux antipodes de ce qui s’écrit sur lui.
Les journalistes aussi connaissent bien le personnage, il est avenant mais ce n’est pas pour autant que vous pouvez lui soutirer une information. C’est une tombe !
Fouzi Lekjaâ est également une personne très ambitieuse, une qualité primordiale lorsqu’il s’agit de devoir réaliser des projets colossaux comme assurer la meilleure préparation du pays pour accueillir la CDM 2030. Et coriace pour encaisser les coups bas sans pour autant se distraire de son objectif.
D’ailleurs le parcours professionnel du président de la FRMF est impressionnant sur le plan national qu’international, notamment au sein des instances de la CAF et de la FIFA. On ne perce pas ainsi sans avoir des compétences et un trait de caractère à toute épreuve. Fouzi Lekjaâ est l’un des exemples de la méritocratie dans notre pays et son cursus et expérience en attestent. Il n’a pu compter que sur lui-même pour réussir.
D’ailleurs, même ces détracteurs sur d’autres chantiers tels que la réforme fiscale et de la compensation, lui concèdent un travail remarquable et sérieux, lui reconnaissant d’être un adversaire de taille qui force le respect. « Il a un bon esprit même dans l’adversité », lui reconnaît-on.
D’ailleurs, même si sur nos colonnes nous n’avons pas été toujours tendres avec Fouzi Lekjaâ, il n’est pas rancunier pour 2 sous, conscient que les responsabilités qu’il endosse le mette sous les feux des projecteurs et des critiques.
Autre qualité et non des moindres, et bien qu’il ait été le chef de file pour mettre en œuvre la vision royale, il ne s’est jamais attribué tout le mérite.
Et pas moins que ce début décembre, il a souligné que cette candidature est le résultat d’une mobilisation forte et inédite de la part des groupes de travail créés à cet effet, en particulier au niveau des départements ministériels, des établissements et entreprises publics ainsi que des collectivités territoriales et des autorités locales concernées.
C’est dire l’esprit qui préside à son travail sur un dossier qui concerne tous les Marocains, mêmes les moins férus de football qui se sont découvert une véritable passion après les prouesses du onze national au Qatar.
Mais au-delà de la discipline elle-même, cette organisation de la CDM 2030 est un levier économique et de soft power pour un Maroc qui ne cesse de briller sur la scène internationale. Personne ne peut ainsi nier le rôle joué par Lekjaâ dans le renforcement de la réputation du Royaume aussi bien sur le plan politique qu’économique. Un véritable levier de soft power.
Qu’on l’apprécie ou pas, il faut reconnaître que Fouzi Lekjaâ a fait un très bon job.
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