Ecrit par la Rédaction I
Depuis l’adoption de la directive européenne encadrant la présence des banques étrangères sur le sol de l’UE qui entre en vigueur le 1er janvier 2026 et qui menace les transferts des MRE, les autorités marocaines, en plus des négociations toujours en cours avec l’UE, travaillent d’arrache-pied pour trouver des solutions notamment technologiques et numériques afin de controuver ladite directive. Les précisions du wali de BAM.
L’adoption de la directive européenne encadrant la présence des banques étrangères sur le sol de l’UE, adoptée par le parlement européen et publiée au BO en juin 2024, continue de préoccuper les autorités marocaines. Et pour cause, son entrée en application à partir du 1er janvier 2026 risque de menacer la pérennité des envois de fonds des MRE qui constitue un déterminant décisif pour la crédibilité́ financière internationale du Maroc et la soutenabilité́ de ses comptes extérieurs.
Rien qu’en 2024, le volume total des Avoirs Officielles de Réserves (AOR) a enregistré un record de 117,7 Mds de DH soit 31,4% du volume total des Avoirs Officielles de Réserves (AOR). Depuis l’adoption de ladite directive, les autorités marocaines travaillent d’arrache-pied pour sortir de cette impasse.
Interpelé sur l’état d’avancement des négociations en marge de la conférence tenue à l’issue du conseil de BAM, Abdellatif Jouahri a rappelé l’impact de cette directive sur la fonction relais effectuée par les banques Marocaines auprès des MRE.
En effet cette directive bien qu’elle vise en priorité́, à bloquer l’activité́ des banques anglaises sur l’UE, après la sortie de l’Angleterre de l’UE (Brexit), elle pourrait toucher directement les banques marocaines qui disposent de filiales et succursales dans 7 pays européens, en plus des dizaines de bureaux de représentation.
Jouahri a précisé qu’il y a une taskforce permanente composée du ministère des Affaires étrangères, du ministère des Finances, du Régulateur et des banques marocaines qui s’est déplacée plusieurs fois en Belgique et qui a mené plusieurs réunions avec la loi fédérale sur la gestion de la sécurité de l’information (FISMA).
« Lors de ces réunions nous avons précisé que cette directive telle que rédigée et approuvée par le Parlement européen est très équivoque et que l’application par les pays peut compliquer davantage les choses notamment ce qui concerne les MRE », a précisé le Wali.
Une réunion est prévue par le ministère des Affaires étrangères et par le Chef du gouvernement pour étudier comment le Maroc devra défendre la continuation de l’activité normale des banques marocaines auprès des citoyens marocains résidents sur le sol de l’UE.
« Pour rappel, l’importance des fonds transférés a donné́ lieu à un développement remarquable des différents canaux de transferts de ces fonds. On relève, en particulier, la forte montée des agences spécialisées (Wafa Cash, etc.) qui drainent les 2/3 des envois des migrants actuels suivis des banques marocaines (20% des fonds transférés) et des bureaux de poste ; le reliquat échoit aux canaux multiples informels », lit-on dans la dernière lettre du CMC.
Cette menace qui plane sur la dynamique de financement des comptes extérieurs du Maroc est donc au centre des priorités du gouvernement.
« Croyez-moi, c’est un sujet que nous prenons très à cœur car il pèse à la fois sur la balance des paiements mais aussi sur les dépôts bancaires notamment de MRE qui représentent 20% des dépôts », a souligné A. Jouahri.
Et d’ajouter « nous ne sommes pas contents de la manière dont a été rédigée cette directive qui laisse croire que l’UE veut garder les flux financiers au sein de l’UE ».
Aujourd’hui, les autorités marocaines œuvrent pour trouver toutes les solutions y compris technologiques et numériques pour contourner les difficultés que l’UE peut apporter à la fonction des banques marocaines concernant les MRE.
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