Véhicules d’occasion : Narsa lancera une nouvelle plateforme de la mutation pour les concessionnaires fin janvier 2025

Ecrit par Imane Bouhrara I
En 2024, le marché automobile de l’occasion, qui est à 95% informel, a enregistré une progression de 28 %, une évolution qui appelle à la formalisation tant demandée par les concessionnaires. La Narsa a dans ce sens travaillé en étroite collaboration avec l’écosystème pour mettre en place une nouvelle plateforme pour l’immatriculation intégrant également le marché de la mutation.
La présentation des performances du secteur automobile au Maroc en 2024 par l’AIVAM, a permis de constater la progression fulgurante et continue du véhicule d’occasion, avec une progression de 28% pour totaliser un parc de 775.121 dont 537.299 véhicules particuliers. Dans cette évolution, le VO importé progresse de 15% dont +33% pour les véhicules entre 3 et 5 ans, +19% de progression des véhicules âgés de moins de 3 ans et bizarrement, une progression de +6% d’importation des VO de plus de 5 ans, portant le total à 14.589 VO importés en 2024.
Longuement délaissé, le marché de la mutation a connu un tournant depuis la crise du Covid qui perturbé les chaînes d’improvisation et donc la construction de véhicules neufs, et il a présenté une bonne alternative à la non-disponibilité immédiate de modèles neufs. Une progression qui se fait tout de même en dehors d’une organisation formelle bien que la vente et l’achat a bien été revue depuis. Mais le marché est à 95 % informel ce qui constitue un manque à gagner aussi bien pour l’État que les concessionnaires. Le marché de la mutation faisant plus de quatre fois la taille du marché du neuf en 2024 (775.121 VO contre 176.401 VN).
Il semblerait que les choses vont enfin changer puisque lors de cette conférence de l’AIVAM tenue ce 7 janvier, son président Adil Bennani a annoncé le lancement d’une plateforme de mutation pour les concessionnaires fin janvier.
Présent également à cette rencontre, Nacer Boulaajoul, le Directeur général de la Narsa, a souligné que la mise en place de cette nouvelle plateforme s’inscrit dans un vaste chantier que Narsa mène au nveau su secteur automobile dans notre pays. Nous avons l’ambition de cadrer toutes les actions commerciales effectuées notamment au niveau de la mutation. « Il y a une année d’ailleurs nous avons mis en place un portail mutationvéhicule.ma qui gère la mutation de privé à privé et qui nous a permis de sécuriser et préserver les droits aussi bien des vendeurs que des acquéreurs. La nouvelle phase est la mise en place avec les professionnels d’une plateforme qui va gérer toute la partie immatriculation pour les véhicules neufs mais aussi, nous avons préféré y intégrer les véhicules d’occasion ».
Avec cette plateforme justement, Narsa veut contribuer à réformer et formaliser cette vente à travers la mise à disposition des professionnels automobiles d’un certain nombre de facilités.
En effet, à date d’aujourd’hui, après l’achat d’un VO, le concessionnaire doit éditer la carte grise en son nom avant de procéder à sa vente pour avoir une certaine traçabilité sur le système.
L’idée est justement de procéder à la vente du VO sans attendre que la première mutation soit éditée. Et nous avons travaillé avec les professionnels sur les règles de gestion à intégrer pour faciliter la vente.
L’ambition est de généraliser par la suite cette plateforme aux garagistes pour formaliser toutes les ventes du marché de la mutation qui s’effectuent sur le territoire national, soutient N. Boulaajoul.
Parmi les autres services qui seront fournis au niveau de cette plateforme est d’éditer la mutation du VO et l’immatriculation immédiate du véhicule neuf. La phase test est déjà en cours. Et un projet de décret a été préparé dans le sens de fluidifier davantage le processus.
C’est un chantier qui progresse et qu’on intègre dans ce qu’on appelle la transformation digitale de la Narsa et une étude a été effectuée et ses résultats seront dévoilées le 25 février, affirme Nasser Boulaajoul.
Au Maroc, 30 à 35 % du marché de la mutation sont captés par les intermédiaires soit 150.000 à 200.000 VO par an, sans structures ni taxes, en prime de certaines pratiques parfois douteuses pour en booster la valeur. De leur côté les concessionnaires ne captent que 1% soit soutient Nassereddine Obada, membre de l’AIVAM, tout en relevant que ce taux est de 35 à 40 % à l’international. « 30 à 35% du chiffre d’affaires d’un concessionnaire devraient parvenir du VO, or au Maroc ce CA du VO n’excèdent pas 1 à 2%. Espérons que la réforme menée par les équipes de la Narsa que les concessionnaires capteront entre 10 à 15% du marché de la mutation », déclare N. Obada.
C’est dire que les concessionnaires représentent epsilon et la mise en place de la plateforme est un début pour une prise en main sur le secteur de la mutation.
Ce qui est fait avec la Narsa est extrêmement important puisque la législation va permettre de mieux contrôler les cessions et les mutations d’un côté, de l’autre, il faudrait que les concessionnaires se professionnalisent avec de véritables business model pour le VO explique pour sa part Thibault Paland, membre de l’AIVAM.
« Il y a de plus en plus de LOA vendues, c’est-à-dire qu’il y a de plus en plus de véhicules qui reviennent dans les réseaux concessionnaires ce qui implique que ces réseaux doivent se professionnaliser pour mieux vendre ces VO. Et en tant que constructeurs (NDLR : Renault), nous accompagnons les concessionnaires sur les bonnes règles de fonctionnement du marché de l’occasion. Avec la Narsa et l’AIVAM, nous allons rendre ce secteur de la mutation plus transparent et c’est important puisque c’est une source de revenus pour les concessionnaires ».

