Malgré un ralentissement des investissements en capitaux privés, le capital-risque est resté la principale classe d’actifs, contribuant à 305 transactions et à 68 % du volume total d’investissement en Afrique en 2023. Les gestionnaires de fonds axés sur l’Afrique ont réalisé le volume et la valeur de collecte de fonds intérimaires les plus élevés jamais enregistrés, selon le dernier rapport d’AVCA.
Suivant les tendances mondiales en matière d’investissement, le flux des capitaux privés en Afrique s’est inscrit en baisse avec 450 transactions en 2023 pour un montant de 5,9 milliards de dollars, ce qui représente une baisse de 28 % en volume sur un an et de 22 % en valeur, selon le rapport de l’Association panafricaine des investisseurs en capital (AVCA).
Le capital-risque est resté la principale classe d’actifs, contribuant à 305 transactions et à 68 % du volume total d’investissement en Afrique en 2023.
Les infrastructures alimentées par les énergies renouvelables apparaissent comme la seule classe d’actifs à connaître une augmentation de son financement.
Les gestionnaires de fonds axés sur l’Afrique ont réalisé le volume et la valeur de collecte de fonds intérimaires les plus élevés jamais enregistrés.
Pour l’exercice 2023, faut-il rappeler que l’économie mondiale a été confrontée à une série de chocs interconnectés, notamment des tensions politiques croissantes, une fragmentation croissante du commerce mondial, une hausse des taux d’intérêt et un resserrement des politiques monétaires pour faire face à une inflation élevée.
Dans un contexte de marché volatile, les transactions en Afrique n’ont pas été à l’abri du ralentissement mondial des capitaux privés, ce qui a entraîné une réduction des activités d’investissement sur le continent.
Toutefois, l’Afrique a enregistré des performances plus solides que d’autres régions, comme l’Amérique du Nord et l’Amérique latine, qui ont enregistré des baisses relativement plus importantes des activités de transaction selon le rapport de l’AVCA.
Le capital-risque et les infrastructures stimulent l’appétit des investisseurs
Poursuivant les tendances établies, les investisseurs ont privilégié le capital-risque comme moyen de soutenir les entreprises africaines prometteuses avec des solutions innovantes et technologiques sur des marchés en développement rapide. Le capital-risque a maintenu sa séquence de quatre années consécutives en tant que première classe d’actifs en Afrique, représentant 68 % du volume total d’investissement en capital sur le continent en 2023.
Le rapport note que les infrastructures ont connu une année impressionnante en matière de mobilisation et de déploiement de capitaux, seule classe d’actifs à bénéficier d’un financement accru en 2023, avec une valeur de transaction grimpant à 1,8 milliard de dollars, soit une multiplication par trois par rapport à l’année précédente. Les investissements dans les énergies renouvelables ont largement alimenté cette tendance, indiquant un intérêt croissant pour l’exploitation du potentiel abondant de l’Afrique en matière d’énergie solaire, hydroélectrique, de biomasse et d’énergie éolienne pour accélérer la transition énergétique propre.
Tendances changeantes et modèles familiers
Contrairement aux années précédentes, l’Afrique australe a reconquis sa domination en tant que l’une des principales destinations d’investissement en Afrique. La sous-région a attiré 119 investissements en capital pour un montant de 2,6 milliards de dollars américains, soit le volume (avec l’Afrique de l’Ouest) et la valeur les plus élevés des transactions à travers le continent.
L’Afrique du Sud représentait la majorité des investissements en Afrique australe, avec 81 % des transactions dans la sous-région, en raison de la croissance du secteur informatique et industriel et d’une augmentation des investissements en capital-risque dans les logiciels et services, la logistique et le transport.
Conformément aux précédents rapports de l’AVCA, les secteurs de la finance, des technologies de l’information et de la consommation sont restés les secteurs les plus attractifs, représentant 54 % du volume total des transactions de capitaux privés en 2023.
Cette tendance reproduit l’activité des investisseurs observée les années précédentes comme la fintech, les services et le commerce électronique qui se développent pour répondre à la demande croissante des consommateurs, offrant ainsi davantage d’opportunités aux investisseurs.
Aussi, les clôtures affichent-elles une légère baisse alors que la collecte de fonds intermédiaire augmente. En effet, malgré une baisse de 9 % des fonds définitivement fermés sur un an, les investisseurs ont poursuivi la tendance à des valeurs de plus en plus élevées des capitaux levés pour la dette privée et les fonds de capital-risque. Les collectes de fonds intérimaires ont également augmenté à travers le continent, les gestionnaires de fonds axés sur l’Afrique ayant réalisé 40 clôtures intermédiaires. La hausse des levées de fonds provisoires pour la dette privée a souligné l’intérêt croissant pour la dette privée en tant que classe d’actifs, intervenant pour combler le vide laissé par les banques commerciales alors que les investisseurs cherchent à se protéger contre la hausse des taux d’intérêt.
Le marché de sortie revient aux moyennes d’avant 2022
Selon le rapport, malgré une baisse du volume de 48 % sur un an, l’Afrique a enregistré 43 sorties en 2023, ce qui marque un retour aux moyennes d’avant 2022. Toutes les sous-régions d’Afrique ont connu une baisse d’une année sur l’autre. Les défis économiques se sont exacerbés en 2023, mettant fin à la ruée vers la sortie de l’Afrique en 2022, menée par les gestionnaires de fonds confrontés à un arriéré de sociétés de portefeuille matures provenant de pays africains.
RAPPORT DE L’AVCA (en Anglais)
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