Flash
OCP North America annonce l’arrivĆ©e aux Ɖtats-Unis de la premiĆØre cargaison d’engrais phosphatĆ©s marocains suite Ć  la suspension temporaire des droits compensateurs ( CVD) Faute grave : ce que les dirigeants doivent prouver avant de licencier L’AMMC enregistre la mise Ć  jour annuelle du dossier d’information de CFG Bank PLF 2027 : le gouvernement fixe le cap autour de quatre axes majeurs Le Maroc Ć  l’heure de la souverainetĆ© Ć©conomique Les mĆ©decins du privĆ© interpelle Akhannouch sur la rĆ©vision de la tarification nationale de rĆ©fĆ©rence Fromageries Bel Maroc : 1,5 million de portions solidaires pour SOS Villages d’Enfants 27 ans de rĆØgne : SM le Roi dresse le cap pour consolider les acquis du Maroc 27 ans de rĆØgne : le Maroc mĆ©tamorphosĆ© par la Vision Royale Sous l’impulsion de Mohammed VI, le Maroc rĆ©ussit le pari de la stabilitĆ© et de la modernitĆ©
Economie

🚨Conseil BAM : le taux directeur maintenu inchangé à 3%

Jouahri bam taux directeur

Le Conseil de Bank Al-Maghrib a tenu le mardi 19 mars sa premieĢ€re réunion de l’année 2024. Il a dĆ©cidĆ© de maintenir le taux directeur inchangĆ©.

Lors de cette session, il a analysé l’évolution de la conjoncture nationale et internationale ainsi que les projections macroéconomiques aĢ€ moyen terme de la Banque.Ā 

PublicitƩ

Il a, en particulier, relevé la résilience globale de l’économie mondiale en 2023, malgré le resserrement monétaire et les tensions géopolitiques, ainsi que l’atténuation des pressions inflationnistes aĢ€ un rythme plus rapide que prévu.

Au niveau national, apreĢ€s la décélération qu’elle aurait connue en 2023, la croissance non agricole devrait s’améliorer graduellement, soutenue notamment par les investissements publics, alors que la production agricole continue de paĢ‚tir de la récurrence des sécheresses et de l’accentuation du stress hydrique.

Pour ce qui est de l’inflation domestique, apreĢ€s le pic de 10,1% atteint en février 2023, elle s’est inscrite en baisse, revenant aĢ€ 3,4% en décembre et terminant ainsi l’année 2023 avec une moyenne de 6,1% apreĢ€s 6,6% en 2022. Elle poursuivrait son ralentissement pour s’établir aĢ€ 2,2% cette année et aĢ€ 2,4% en 2025. Sa composante sous-jacente a suivi une trajectoire similaire, passant de 6,6% en 2022 aĢ€ 5,6% en 2023, et devrait osciller autour de 2,3% cette année et en 2025.

Le Conseil a également pris note qu’apreĢ€s deux trimestres successifs de baisse, les anticipations d’inflation aĢ€ moyen terme, telles qu’elles ressortent de l’enqueĢ‚te trimestrielle de BAM aupreĢ€s des experts du secteur financier, ont connu une quasi-stabilité au premier trimestre de 2024. Sur le plan de la transmission de la politique monétaire, les taux débiteurs se sont stabilisés au dernier trimestre de 2023, l’accroissement total depuis le début du resserrement monétaire se maintenant ainsi aĢ€ 112 points de base contre 150 points pour le taux directeur. La hausse des taux a concerné davantage les entreprises que les particuliers et a été moins importante pour les TPME que pour les grandes entreprises.

Le Conseil a aussi relevé les fortes incertitudes qui entourent les perspectives économiques et l’évolution de l’inflation en lien, au niveau international, avec les tensions géopolitiques et la tenue d’élections dans de nombreux pays et, au plan national, avec les conditions climatiques et le stress hydrique.

Au regard de l’ensemble de ces données, il a jugé que le niveau actuel de 3% du taux directeur reste approprié pour renforcer l’ancrage des anticipations d’inflation et soutenir son retour aĢ€ des niveaux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix. En conséquence, il a décidé de le maintenir inchangé tout en continuant de suivre de preĢ€s l’évolution de la conjoncture économique et de l’inflation.

Sur les marchés internationaux des matieĢ€res premieĢ€res, l’évolution des cours de l’énergie reste entourée de fortes incertitudes, alimentées par les tensions géopolitiques et les perturbations du transport maritime en Mer Rouge. Le prix du Brent passerait de 82,2 dollars le baril en 2023 aĢ€ 81,2 dollars en moyenne cette année, en raison du ralentissement de la demande mondiale et de l’accroissement de l’offre dans les pays non-membres de l’OPEP, avant d’augmenter aĢ€ 84,5 dollars en 2025. Pour les prix des denrées alimentaires, apreĢ€s la baisse sensible enregistrée en 2023, l’indice FAO marquerait un nouveau repli de 3,7% en 2024, avant de croitre de 4,4% en 2025. Concernant le phosphate et ses dérivés d’origine marocaine, le prix du DAP reculerait de 589 dollars la tonne en 2023 aĢ€ 543 dollars en 2024, avant de marquer une hausse aĢ€ 575 dollars en 2025. Celui du phosphate brut devrait revenir de 271 dollars la tonne aĢ€ 197 dollars puis aĢ€ 162 dollars respectivement.

Dans ce contexte, l’inflation continuerait de ralentir dans les principales économies avancées.

Aux Etats-Unis, elle passerait de 4,1% en 2023 aĢ€ 2,9% en 2024 puis aĢ€ 2,6% en 2025, reflétant la diminution de sa composante sous-jacente et des prix de l’énergie. Dans la zone euro, elle devrait décélérer de 5,4% en 2023 aĢ€ 2,3% en 2024 puis aĢ€ 1,9% en 2025, favorisée par la persistance de l’effet du resserrement monétaire.

Pour ce qui est des décisions des banques centrales des principales économies avancées, la BCE a gardé le 7 mars ses taux inchangés pour la quatrieĢ€me fois consécutive et prévoit de mettre un terme aux réinvestissements dans le cadre de son programme PEPP fin 2024. De meĢ‚me, aĢ€ l’issue de sa réunion des 30 et 31 janvier, la FED a maintenu pour la quatrieĢ€me fois de suite la fourchette cible du taux des fonds fédéraux inchangée aĢ€ [5,25%-5,50%] et a indiqué qu’elle continuera aĢ€ réduire les avoirs en titres du Trésor et ceux adossés aĢ€ des créances hypothécaires.

S’agissant des perspectives de l’économie mondiale, elles demeurent entourées de fortes incertitudes. Aux Etats-Unis, la croissance économique devrait revenir de 2,5% en 2023 aĢ€ 1,8% en 2024 et aĢ€ 1,3% en 2025, et dans la zone euro, elle resterait faible aĢ€ 0,9% en 2024, avant de s’accélérer aĢ€ 1,9% en 2025. Dans les principaux pays émergents, le rythme de l’activité en Chine devrait ralentir de 5,2% en 2023 aĢ€ 4,5% cette année et s’établir aĢ€ 4,7% en 2025, paĢ‚tissant de la persistance des difficultés du secteur immobilier, de la dégradation de la confiance des consommateurs et de la faiblesse de la demande étrangeĢ€re. En Inde, la croissance demeurerait robuste aĢ€ 6,2% en 2024 et en 2025 apreĢ€s 7,2% en 2023, soutenue principalement par la vigueur des investissements publics.

Au niveau national, le démarrage de la campagne agricole a été marqué par des conditions climatiques défavorables, avec des précipitations faibles et inégalement réparties sur les plans territorial et temporel, qui ont affecté la superficie emblavée des céréales. Celle-ci se serait située autour de 2,5 millions d’hectares contre preĢ€s de 3,7 millions une année auparavant. Ainsi, selon les projections de Bank Al-Maghrib, la production céréalieĢ€re avoisinerait 25 millions de quintaux contre 55,1 millions une année auparavant.

Dans ce contexte, la valeur ajoutée agricole se contracterait de 6,4% en 2024 avant de rebondir de 12,8% en 2025, sous l’hypotheĢ€se d’un retour aĢ€ une récolte céréalieĢ€re moyenne de 55 millions de quintaux. Quant aux activités non agricoles, leur rythme de progression s’améliorerait de 2,6% en 2023 aĢ€ 3% en 2024 puis aĢ€ 3,5% en 2025, reflétant en particulier la dynamique attendue de l’investissement en lien avec les différents chantiers engagés et prévus. Au total, la croissance économique aurait été proche de 3% en 2023 et devrait se limiter aĢ€ 2,1% en 2024 avant de s’accélérer aĢ€ 4,3% en 2025.

Sur le plan des comptes extérieurs, le déficit commercial s’est atténué de 7,3% en 2023, résultat d’un recul de 2,9% des importations et d’une quasi-stabilité des exportations. En paralleĢ€le, les transferts des MRE se sont accrus de 4% aĢ€ 115,2 milliards de dirhams et les recettes voyages de 11,7% aĢ€ 104,6 milliards, ramenant ainsi le déficit du compte courant aĢ€ 0,6% du PIB contre 3,5% un an auparavant. Ce dernier se creuserait aĢ€ 2,3% du PIB en 2024 et aĢ€ 2,8% en 2025, en lien principalement avec la hausse des importations qui avoisinerait 7,5% annuellement tirées essentiellement par les achats de produits alimentaires et des biens d’équipement.

Quant aĢ€ la facture énergétique, elle s’allégerait de 5% en 2024 avant de s’alourdir de 4,7% en 2025 aĢ€ 121,4 Mds de DH. Pour ce qui est des exportations, elles s’accroitraient de 4,1% en 2024 et de 8,5% en 2025, portées notamment par la poursuite de la bonne performance du secteur automobile, avec des augmentations de 9,6% puis de 13,3% aĢ€ 176,1 Mds de DH en 2025, et par la reprise des ventes des phosphate et dérivés qui atteindraient 85 milliards de dirhams en 2025. Pour ce qui est des recettes voyages, bénéficiant de la dynamique prévue de l’activité touristique, elles continueraient de s’améliorer aĢ€ un rythme autour de 7,5% annuellement pour atteindre 120,8 milliards de dirhams en 2025.

De meĢ‚me, lestransferts des MRE se maintiendraient aĢ€ des niveaux élevés, soit 116,5 Mds de DH en 2024 et 122,4 Mds de DH en 2025. Concernant les recettes d’IDE, apreĢ€s une baisse sensible en 2023 aĢ€ l’équivalent de 2,2% du PIB, elles avoisineraient 3,1% du PIB en moyenne au cours des deux prochaines années. Au total, et tenant compte notamment des financements extérieurs prévus du Trésor, les avoirs officiels de réserve se stabiliseraient aĢ€ 359,8 Mds de DH aĢ€ fin 2024 avant de se renforcer aĢ€ 373,5 Mds de DH en 2025, soit l’équivalent de 5 mois et 5 jours d’importations de biens et services.

S’agissant des conditions monétaires, le besoin de liquidité des banques, tiré par la hausse prévue de la circulation fiduciaire, devrait continuer de se creuser, passant de 111,4 Mds de DH aĢ€ fin 2023 aĢ€ 121,1 Mds de DH aĢ€ fin 2024 et aĢ€ 143,2 Mds de DH aĢ€ fin 2025. Pour ce qui est du crédit bancaire au secteur non financier, apreĢ€s la sensible décélération en 2023, liée principalement aĢ€ la baisse des prix des produits énergétiques et alimentaires ainsi qu’aĢ€ l’amortissement des preĢ‚ts accordés dans le cadre des lignes de garantie mises en place lors de la crise pandémique, il augmenterait de 4,4% en 2024 et de 4,7% en 2025. Pour sa part, le taux de change effectif réel connaitrait une appréciation de 1,3% en 2024 apreĢ€s celle de 0,8% en 2023, le niveau d’inflation domestique inférieur aĢ€ celui des pays partenaires et concurrents commerciaux devant atténuer l’effet de l’appréciation prévue du taux de change effectif nominal, avant de connaitre une quasi-stabilité en 2025.

Sur le volet des finances publiques, l’exécution budgétaire a cloĢ‚turé l’année 2023 par un net alleĢ€gement du déficit aĢ€ 4,4% du PIB. En dépit des besoins importants, en lien notamment avec la généralisation de la protection sociale, l’accroissement de la masse salariale et le maintien d’un niveau élevé d’investissement du Trésor, ce déficit devrait, selon les projections de Bank Al-Maghrib, reculer aĢ€ 4% du PIB en 2025, apreĢ€s une quasi-stabilité en 2024. Cette évolution refleĢ€terait notamment le renforcement des rentrées fiscales, la forte mobilisation des ressources provenant des mécanismes de financement spécifiques ainsi que le repli de la charge de compensation.

PublicitƩ

Laisser un commentaire

error: Content is protected !!