Le décryptage de Pascal Boniface, géopolitologue et fondateur de l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), met en lumière un sommet du G7 à Évian (juin 2026) profondément fracturé et lourdement conditionné par l’unilatéralisme de Donald Trump.
Voici les grands axes de sa lecture géopolitique de l’événement :
L’ombre de Donald Trump et la perte d’influence du G7 : un club occidental affaibli: Pascal Boniface rappelle que le G7, conçu en 1975 comme un espace de dialogue informel entre alliés, ne représente plus que 25 % du PIB mondial. Sa légitimité et sa capacité à peser sur la marche du monde sont de plus en plus contestées face à des formats comme le G20.
Le sommet met en évidence que les dirigeants européens subissent les initiatives unilatérales de Donald Trump. Ce dernier privilégie les rapports de force directs et la diplomatie transactionnelle au détriment des institutions multilatérales.
Le détroit d’Ormuz : un triomphe unilatéral américain
Une désescalade sous conditions: Donald Trump est arrivé au sommet fort d’un accord surprise avec Téhéran prévoyant la réouverture complète du détroit d’Ormuz. Cela fait suite à une guerre de haute intensité de plusieurs semaines au Moyen-Orient.
Marginalisation des Européens : alors qu’Emmanuel Macron tentait de pousser une initiative multinationale pour sécuriser ce corridor pétrolier stratégique, Trump a immédiatement minimisé ces efforts. Il impose sa propre feuille de route, rappelant que seule la puissance militaire américaine a dicté l’issue de la crise.
En marge des discussions avec Emmanuel Macron, Trump a affirmé que Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky (invité à Évian) étaient désormais « ouverts » à un compromis.[
Pour le géopolitologue, cette position confirme la volonté de Trump de désengager les États-Unis du conflit ukrainien, quitte à forcer Kiev à des concessions territoriales majeures. Les Européens se retrouvent contraints de pousser pour maintenir des sanctions contre Moscou, tout en constatant leur impuissance face au pivot stratégique de Washington.
En somme, l’analyse de Pascal Boniface dépeint ce sommet d’Évian comme le théâtre d’un monde multipolaire où le G7 ne sert plus de boussole collective, mais de caisse de résonance aux décisions d’une Amérique trumpiste ultra-pragmatique et indifférente aux intérêts de ses alliés historiques.


