Le Roi Charles III dans le cadre de sa visite officielle aux Etats-Unis a prononcé un discours devant le Congrès américain le 28 Avril 2026. Il a d’abord pris la défense de l’alliance historique du Royaume-Uni avec les Etats-Unis. Il a qualifié la relation transatlantique comme « irremplaçable et indéfectible ». Il a rappelé les racines historiques de cette alliance, qui ne peut pas se reposer sur ses acquis, mais doit être renouvelée.
Il a émis indirectement une critique de la politique de Donald Trump, en mettant en garde contre le repli isolationniste des Etats-Unis, et la nécessité d’une coopération internationale face aux crises mondiales. Il a apporté un soutien clair au rôle des alliances comme l’OTAN. Il a en outre appelé à une aide « sans faille » à l’Ukraine face à la Russie. Il a rappelé l’importance de la solidarité occidentale en matière de sécurité.
Le Roi Charles III a pris la défense des valeurs démocratiques, en insistant sur l’Etat de droit, la nécessité des contre-pouvoirs, notamment le contrôle du pouvoir exécutif, et la protection des instituions démocratiques. Il a condamné la violence politique en évoquant les actes violents, dont la récente attaque contre le Gala de la presse à Washington. Le Roi Charles III a rappelé son engagement pour la protection de l’environnement, et la préservation des sociétés ouvertes, diverses et tolérantes. Les signaux envoyés par le Roi Charles III dans son discours devant le Congrès américain ont pour but le respect des alliances internationales, la prudence face aux nationalismes et aux divisions internes, et l’importance de l’indépendance des institutions. C’est un discours qui a mêlé l’humour, les références historiques et l’appel à l’unité des démocrates et des républicains.
Malheureusement, ce discours courageux du Roi Charles II devant le Congrès américain n’aura pas d’impact sur la politique de Donald Trump, qui prend seul les décisions sans se référer au Congrès. C’est ainsi qu’il a également déclenché la guerre contre l’Iran sans consulter les alliés des Etats-Unis européens et asiatiques. D’autre part, la loi américaine (War Powers Resolution 1973) oblige le président à obtenir l’aval du Congrès pour une guerre de plus de deux mois. L’échéance pour la guerre en Iran étant le 1er Mai 2026, Donald Trump a envoyé une lettre aux chefs du Congrès en affirmant que les hostilités déclenchées le 28 Février 2026 sont officiellement terminées.
L’opposition démocrate contexte cet argument, en soulignant que le maintien du blocus maritime dans le détroit d’Ormuz constitue une poursuite des hostilités. De plus, le 4 Mai 2026 le président américain a déclaré que la marine américaine va escorter les navires bloqués dans le détroit d’Ormuz, ce qui peut donner lieu à une confrontation armée avec les Gardiens de la Révolution. D’autre part, et suite aux critiques du Chancelier allemand Friedrich Merz, qui a déclaré que les Etats-Unis n’avaient « visiblement aucune stratégie dans la guerre menée avec Israël contre l’Iran depuis le 28 Février 2026 ». Donald Trump a riposté par une hausse de 15% à 25% des droits de douane pour l’entrée aux Etats-Unis des voitures européennes qui sont majoritairement allemandes. Il a ordonné également de retirer 5.000 soldats des bases américaines en Allemagne sur un total de 36.000.
En conclusion, malgré le discours devant le Congrès américain du Roi Charles III, Donald Trump va continuer à prendre seul toutes les décisions. Actuellement, le cessez-le-feu mis en place depuis le 8 Avril 2026 est fragile, car il pourrait être rompu si un incident a lieu pendant l’escorte des navires dans le détroit d’Ormuz par la marine américaine. Parallèlement, des négociations ont lieu entre les deux belligérants par l’intermédiaire du Pakistan. Les deux sujets importants sont le nucléaire iranien et le statut du détroit d’Ormuz.
Les Etats-Unis exigent la fin de l’enrichissement d’uranium par l’Iran et la remise des 440 kg d’uranium enrichi à 60%. Ils exigent également la libre circulation dans le détroit d’Ormuz sans le règlement d’aucun péage. Pour le moment, ces exigences américaines ne sont pas acceptables par l’Iran, qui réclame la levée des sanctions et le dégel de ses avoirs financiers bloqués à l’étranger.
Ecrit par Jawad KERDOUDI
Président de l’IMRI
(Institut Marocain des Relations Internationales)




